Le Salon international de l'agriculture (SIA) a tiré sa révérence dimanche à Paris, clôturant une 62e édition décrite comme un reflet des turbulences agricoles actuelles. La fréquentation a accusé une chute de près de 28%, amplifiant les inquiétudes du secteur.
Fréquentation en berne
L'édition 2023 du SIA a attiré 437.402 visiteurs, un nombre en baisse par rapport aux 607.000 de l'année précédente, selon les chiffres annoncés par les organisateurs. Ce recul est frappant comparé au pic atteint en 2014, où le salon avait enregistré 703.000 entrées.
Dès les premiers jours, la tendance était évidente, avec une affluence déjà en retrait de 25%. Bien que le dernier samedi ait vu une affluence plus soutenue avec des halls gastronomiques animés, l'absence de certaines races animales, comme les bovins en raison de problèmes sanitaires, a lourdement pesé sur l'ambiance générale du salon.
Selon Jérôme Despey, président du salon, « l'absence des bovins a créé un vide significatif. C'est une année atypique, mais nous sommes confiants pour l'avenir. »
Enjeux de production et avenir des petites fermes
La crise agricole reste au cœur des préoccupations. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a souligné l'importance d'une relance axée sur « production, réindustrialisation et compétitivité ». En inaugurant le stand du ministère, elle a questionné la capacité des petites exploitations à faire face à la concurrence européenne. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a qualifié cette interrogation de « courageuse » dans le contexte actuel.
Le gouvernement a également annoncé des mesures, dont une « loi d'urgence agricole », en réponse aux revendications des agriculteurs. Parallèlement, un collectif d'ONG, en collaboration avec la Confédération paysanne, a proposé une loi visant à renforcer la protection de l'environnement et le soutien aux agriculteurs.
Agriculture bio sur la sellette
Un autre constat alarmant concerne l'agriculture biologique. Selon l'Agence Bio, le nombre de producteurs engagés dans cette filière a enregistré une baisse de 0,6%, atteignant 61.490 fermes en 2025. Malgré une demande croissante, le secteur semble peiner à compenser les départs des producteurs, ce qui pourrait entraîner des difficultés d'approvisionnement.
Le sujet n'a pas été abordé lors des discussions sur la souveraineté alimentaire, où la ministre Genevard a omis la dimension environnementale de la question.
Réflexions sur l'Europe et la PAC
Dans un contexte où la Politique Agricole Commune (PAC) fait l'objet de vives critiques, le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, a pris le temps de rencontrer divers acteurs du secteur au salon. Il a apporté des annonces de soutien financier, notamment pour la viticulture.
Cependant, la surprise de la semaine a été l'annonce par Bruxelles d'appliquer de manière provisoire l'accord de libre-échange avec le Mercosur, soulevant des inquiétudes parmi les syndicats agricoles français concernant l'impact sur leur secteur.







