Dès l'aube de ce mardi, des dizaines de tracteurs, portés par les syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs, ont envahi les rues de Paris pour faire entendre leur voix. Les agriculteurs exigent des « actes concrets et immédiats » de la part du gouvernement, surtout à l'approche de la signature controversée de l'accord UE-Mercosur prévu pour ce samedi au Paraguay.
Le parcours de la mobilisation a été soigneusement orchestré, avec un passage par des points symboliques tels que l'Arc de Triomphe et les Champs-Élysées, escorté par des camions de CRS. Au total, près de 350 tracteurs ont été dénombrés, arborant des slogans percutants comme « Pas de pays sans paysan » et « Pas de paysan = pas d'alimentation ». Ces mots témoignent d'une colère profonde face à la pression économique croissante sur le monde agricole.
« Si on veut préserver la souveraineté alimentaire de la France, il faut nous laisser exercer notre métier », a déclaré Fabrice Moulin, céréalier dans l’Eure, soulignant la détresse que causent les multiples réglementations et la crise sanitaire liée à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Un autre agriculteur, Baptiste Zado des Yvelines, a ajouté : « Le marché français doit être sécurisé. L'élevage national a le droit de primer sur la concurrence brésilienne », dénonçant ainsi la menace que représente l'accord Mercosur pour leurs exploitations.
La colère des agriculteurs ne se limite pas à Paris. Des manifestations ont été signalées dans plusieurs régions de France, ainsi qu'à l'étranger, comme en Italie, en Pologne et en Irlande. Ce mouvement de contestation vise à alerter sur la concurrence déloyale que subissent les agriculteurs français, où les produits importés, souvent moins chers, échappent parfois aux normes strictes imposées en Europe.
La ratification de cet accord dépendra d'un vote crucial du Parlement européen, prévu pour le mois prochain, et les agriculteurs comptent bien se mobiliser encore davantage, avec un grand rassemblement prévu devant le Parlement à Strasbourg le 20 janvier. Alors que la colère gronde, la question de la sécurité alimentaire et le soutien au agriculture nationale semblent plus que jamais au cœur des préoccupations sociétales.







