Emmanuel Macron a annoncé, le 6 janvier dernier, vouloir reprendre contact avec Vladimir Poutine dans les semaines à venir, soulevant des interrogations quant à l’efficacité et aux risques d’une telle initiative. Cette démarche vise à éviter une instrumentalisation des tensions entre Européens et Américains face à la guerre en Ukraine.
Lors d'un Conseil européen conclu en décembre, Macron insistait sur la nécessité d'un dialogue clair entre Européens et Russes, arguant qu'en l'absence d'une telle communication, l’Europe risquerait de devenir une simple variable d'ajustement dans les discussions menées par les États-Unis.
Le Kremlin, quant à lui, a exprimé une certaine ouverture à un échange avec Macron. Toutefois, cela pourrait être interprété comme une opportunité pour Poutine de semer la discorde parmi les Européens tout en maintenant ses liens avec les États-Unis, avec lesquels il interagit depuis plusieurs mois.
Un contexte plus large se dessine, marqué par l'apparition de mouvements politiques d'extrême droite en Europe, que Poutine semble vouloir encourager. Comme l'explique Jean-Pierre Darnis, spécialiste des relations internationales, « Poutine se nourrit des divisions au sein de l'UE pour renforcer sa position. »
Macron souligne l'importance d’un engagement proactif des Européens dans les négociations concernant leur sécurité. Cependant, certains experts mettent en garde contre une éventuelle faiblesse stratégique si le dialogue ne s'accompagne pas de conditions strictes. L'ancienne ambassadrice de France à Moscou, Sylvie Bermann, rappelle que « la paix se négocie avec nos adversaires, pas avec nos amis ».
Les prévisions pour l'avenir demeurent préoccupantes. Macron a expliqué devant les ambassadeurs français que le plus grand risque actuel est l’affaiblissement de l'Europe face à l'agression. En effet, les discussions avec Poutine pourraient, sans précautions, offrir à ce dernier une breathing room dont il n’a pas besoin. Comme le suggère un rapport du Le Monde, les Européens doivent garder à l'esprit que toute entente avec le Kremlin doit s'accompagner d'une défense robuste de l’Ukraine.
Il est évident que sans concessions de la part de Poutine, telles qu’un cessez-le-feu ou un respect de la souveraineté ukrainienne, le dialogue pourrait n’offrir aucune véritable avancée. La question se pose donc : qu’attendre d’une discussion avec un leader qui semble peu disposé à écouter ?
Alors que Macron cultive l’idée d’une Europe unie dans la défense de ses intérêts, le véritable défi réside dans la capacité à maintenir une position ferme face aux exigences russes tout en facilitant une éventuelle reprise de contact, qui ne devrait pas se transformer en opportunité pour Poutine de renforcer son pouvoir sur la scène internationale.







