La situation autour de Mythos, un modèle d'intelligence artificielle développé par Anthropic, ne cesse de susciter des débats. Récemment, l'administration américaine a demandé à l'entreprise de restreindre l'accès à ses modèles les plus avancés, dont Mythos et Fable 5, exclusivement aux citoyens américains. Cette décision comprend même un interdiction d'utilisation pour les employés étrangers de l'entreprise.
Officiellement, cette mesure est justifiée par des préoccupations sécuritaires, visant à protéger ces technologies sensibles contre de potentiels piratages. Toutefois, cela engendre des inquiétudes politiques en Europe, où le scepticisme quant à la souveraineté numérique et les relations transatlantiques s'intensifie. Pour certains, il semble injuste de ne pas avoir été impliqué dans le développement de Mythos ni dans la discussion des risques associés à la cybersécurité.
En parallèle, des regards se tournent vers les autorités chinoises. Selon un rapport de Semafor, la Maison Blanche justifierait ces nouvelles restrictions par des soupçons concernant un accès au modèle par des entités liées à la Chine. Cela souligne les dimensions géopolitiques de la situation, contribuant ainsi à l'accélération des politiques restrictives vis-à-vis des IA telles que celles d'Anthropic.
Une entreprise sud-coréenne pointée du doigt ?
Les choses deviennent encore plus complexes avec la mise en cause de SK Telecom, un acteur sud-coréen suspecté de liens indirects avec la Chine. Les autorités américaines expriment des inquiétudes quant à la possibilité que cette entreprise ait eu accès à des informations sensibles, du fait de ses relations passées avec certains partenaires économiques chinois. Bien qu'elle conteste ces accusations, la réaction du gouvernement américain reste vive. Wired précise que la société Anthropic fait une distinction claire entre l'accès de SK Telecom à Mythos et les problèmes de vulnérabilités relevés par Amazon.
L'entreprise a également souligné que la notification officielle du gouvernement américain sur les restrictions d'accès à Claude Mythos et Fable 5 ne mentionne explicitement ni SK Telecom ni la Chine, mettant en avant la possibilité d'un faisceau d'inquiétudes plus large.
Cependant, cette crainte de voir leurs technologies d'IA entre les mains de la Chine n'est pas nouvelle. Selon des sources comme Euronews, des entités chinoises seraient portées à générer des millions de conversations avec Claude, en se basant sur des faux comptes, toutes ces manœuvres visant à entraîner leurs propres modèles compétitifs. Des alertes similaires ont été émises par OpenAI et Google, pointant des pratiques analogues attribuées à des groupes chinois, alimentant les craintes de contournement des années de recherche coûteuse en intelligence artificielle.
À ce jour, la position des États-Unis sur cette question pourrait représenter un tournant dans le domaine de l'intelligence artificielle et aura sans nul doute des implications sur les relations internationales et la compétition technologique mondiale.







