Mercredi, les marchés boursiers internationaux ont montré une belle volatilité, pris entre la baisse des entreprises technologiques et des espoirs de stabilité au Moyen-Orient, entraînant une chute des prix du pétrole.
À Wall Street, le Dow Jones a progressé de 0,36 %, le Nasdaq de 0,07 %, tandis que le S&P 500 a légèrement augmenté de 0,02 %. Ces trois indices ont atteint des niveaux records à la clôture.
En Europe, la Bourse de Paris a enregistré une hausse de 0,43 %, Londres a gagné 0,13 %, tandis que Francfort a stagné (-0,03 %) et Milan a perdu 0,64 %.
“Ces dernières semaines, le marché a réalisé des progrès significatifs, mais nous semblons aujourd'hui connaître une petite pause”, observe Angelo Kourkafas, analyste chez Edward Jones, auprès de l'AFP.
Grégoire Kounowski, conseiller en investissements chez Norman K, décrit la journée comme un exemple typique de "consolidation" et de "rotation" des valeurs : “Les investisseurs vendent les actions qui ont bien performé pour se diriger vers celles qui ont eu des performances plus modestes.”
“Ce sont des prises de bénéfices naturelles dans un secteur tel que l'intelligence artificielle, qui a connu une forte hausse récemment”, dit-il à l'AFP.
- Un secteur IA toujours au cœur des préoccupations -
Le fabricant de puces mémoire Micron a enregistré une hausse de 3,63 % à New York, confirmant son entrée dans le club des entreprises valorisées à plus de 1 000 milliards de dollars.
Cependant, ce cas se démarque parmi une tendance générale à la baisse. Qualcomm a perdu 6,20 %, Texas Instruments a vu une chute de 2,29 %, et Nvidia, la plus grande capitalisation boursière du monde, a enregistré une baisse de 1,05 %.
En Europe, Soitec a chuté de 7,50 %, et STMicroelectronics a reculé de 3,16 % à Paris. À Francfort, Infineon a perdu 0,92 %, tandis qu'ASML à Amsterdam a cédé 0,96 %.
“Nous sommes dans une phase de momentum : les investisseurs privilégient un secteur spécifique, celui de l'intelligence artificielle”, selon M. Kounowski.
“Des phases de consolidation peuvent donner l'illusion d'une forte baisse, mais cela ne reflète pas un retournement de tendance, car l'attractivité pour l'intelligence artificielle reste intacte”, ajoute-t-il.
“La demande pour le développement de l'IA continue de croître”, rappelle Angelo Kourkafas.
Sur 12 mois, l'action Micron a vu son prix multiplié par plus de 9, tandis que celui de SanDisk a bondi de 40.
- La chute continue des prix du pétrole -
De son côté, les investisseurs espèrent un aboutissement favorable des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran. “L’opinion générale est qu’une solution est en vue pour rouvrir le détroit d'Ormuz”, expose Robert Yawger de Mizuho USA.
Le baril de Brent, référence mondiale, a perdu 5,31 % pour s'établir à 94,29 dollars, tandis que le baril de West Texas Intermediate a chuté de 5,55 %, atteignant 88,68 dollars.
Mercredi, l'Iran a déclaré qu'une reprise des hostilités avec les États-Unis était peu probable, alors que les deux nations discutent d'un accord visant à mettre fin aux conflits. Donald Trump a cependant fait savoir qu'il n'était pas satisfait des propositions de Téhéran.
- Un nouvel indicateur d’inflation en vue -
Sur le front économique, les investisseurs attendent les résultats des revenus et des dépenses des ménages aux États-Unis, ainsi que les données sur l’inflation PCE du mois d'avril.
“Des chiffres inférieurs aux attentes pourraient soutenir les marchés boursiers et détendre les rendements obligataires, renforçant la perception que l'inflation demeure gérable malgré les prix élevés du pétrole”, explique Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
Inversement, des données décevantes pourraient raviver les craintes d'une inflation persistante, entraînant une hausse des rendements et impactant les secteurs à forte croissance comme la technologie”, ajoute-t-elle.
Le marché avait déjà pris en compte les indices CPI et PPI pour le même mois, ce qui selon Angelo Kourkafas, ne devrait pas déclencher de "réaction significative".
Parallèlement, sur le marché obligataire américain, le rendement de 10 ans des obligations d'État se stabilisait à 4,48 %, équivalent à la clôture des jours précédents.







