Avec l'envolée des tarifs à la pompe, de nombreux Français se voient contraints de modifier leurs plans estivaux. Réduire la distance, opter pour des séjours plus courts ou privilégier des véhicules moins consommateurs deviennent des stratégies courantes pour les vacanciers.
La famille Ivanovic, qui a l'habitude de se diriger vers le Pays Basque, choisit cette année une destination dans le Sud-Ouest, mais « un peu moins loin », explique Michel, le père de famille, à l'AFP.
« Environ 200 kilomètres aller et retour, c'est déjà autant d'essence économisée », constate-t-il. L'augmentation du prix du diesel, atteignant à présent 2,217 euros le litre, selon une analyse de l'AFP fondée sur des données gouvernementales, aggrave la situation.
Une récente étude de l'Alliance France Tourisme révèle que plus de la moitié des Français prévoient de réduire leurs dépenses estivales dans des domaines tels que l’hébergement et la restauration, selon son président Dominique Marcel.
Cette tendance témoigne d'un mélange de préoccupations économiques et de sécurité, bien que les intentions de départ restent relativement stables.
D'autres, comme Adam, choisissent même de laisser leur voiture principale au garage, optant plutôt pour un modèle plus compact : « Elle consomme deux fois moins, ce qui pourrait représenter une économie d’environ 200 euros en essence », précise-t-il, en ajoutant que la longueur du trajet en voiture demeure un sujet de réflexion.
Malgré ce contexte difficile, certains vacanciers ne modifient pas leurs projets. « Nous n’avons rien changé, nous roulons en électrique ! », déclare fièrement un autre parent.
- Moins loin, moins cher, moins longtemps -
Envisageant un trajet au Portugal en voiture thermique, Anne-Cécile et Edwyn Robert n'hésitent pas malgré l'augmentation des coûts. « L’avion est bien trop cher », soulignent-ils avant de préciser qu’ils réduiront la durée de leur séjour pour ne pas trop rognier sur le budget hôtel.
« Si on devait caricaturer, c'est moins loin, moins cher, moins longtemps », résume Didier Arino, directeur général de Protourisme, dans des propos relayés par l'AFP.
Une étude récente de Protourisme indique qu'environ un tiers des Français envisagent de séjourner dans leur région de résidence, une augmentation notable par rapport aux années précédentes.
Néanmoins, le secteur touristique ne devrait pas connaître de chutes massives : « Ce ne sera pas l'année du siècle, mais pas non plus un désastre », estime Arino.
Les récents soucis d'annulations de vols et les craintes liées à l'approvisionnement en kérosène semblent alimenter l'angoisse de ceux qui prévoient un voyage à l’étranger.
Audrey Belehouan, 32 ans, avait planifié un vol pour l’Italie, mais les incertitudes la poussent à envisager des alternatives. « Si mes vacances en Italie tombent à l’eau, je pourrais toujours rester en France. Notre logement est flexible si nécessaire », conclut-elle avec un soupçon d'optimisme.







