À proximité de la Manche, des ouvriers travaillent sur une imposante tour métallique de la raffinerie, témoignant de l'importance de cette plateforme pour la production de carburants en période de crise. "Nous sommes sur l'unité d'hydrocraquage, essentielle pour maximiser la production de diesel et de kérosène pour l'aviation et le transport routier", explique Elise Thomazo, responsable technique de la raffinerie, lors d'un entretien avec l'AFP.
La raffinerie, qui s'étend sur 360 hectares avec près de 40 000 kilomètres de tuyaux, utilise des technologies de pointe pour séparer les molécules de pétrole, comme le gazole et le kérosène. Adlene Terkmani, en charge des opérations, souligne : "Ce processus est vital, surtout dans le contexte actuel de guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements. Nous devons répondre à une demande en constante évolution".
Une augmentation prudente mais nécessaire
Bien que la raffinerie soit prédisposée à une production importante de ces carburants, la nécessité d'augmenter la production est accentuée par une dépendance croissante de la France. Actuellement, 50% des besoins en gazole sont insatisfaits, ce qui a motivé les équipes à travailler en optimisation constante de leur production, comme l'indique Mme Thomazo.
Néanmoins, elle insiste sur le fait que cette augmentation ne dépassera pas les 5%, avec 72% des carburants livrés par oléoduc directement aux aéroports franciliens et au reste de la région. Le pétrole brut parvient là par voie maritime au port du Havre, la raffinerie redirigeant ses sources d'approvisionnement, notamment vers l'Europe et l'Afrique, en évitant les variances du marché du Golfe.
La résilience du marché du raffinage
En ce qui concerne l'approvisionnement, François Bourrasse, le directeur de la raffinerie, assure qu'il n'y a pas d'inquiétude majeure pour les semaines à venir, car des stratégies sont déjà mises en place pour anticiper les pénuries. "Les marges de raffinage se redressent", confirme-t-il, tout en appelant à une perspective à long terme sur les fluctuations du marché mondial.
Chaque année, cette plateforme raffinant près de 12 millions de tonnes de pétrole contribue à environ 12% des carburants commercialisés dans les stations-service en France, en plus de 11% des plastiques. Dans ce climat incertain, la capacité d'adaptation de TotalEnergies pourrait s'avérer déterminante pour l'avenir énergétique du pays.







