Une quinzaine de franchisés et ex-franchisés de Body Minute se sont regroupés ce lundi dans le 9e arrondissement de Paris pour faire entendre leur voix. Ils réclament une plus grande indépendance ainsi qu'une révision des tarifs des prestations proposées par les esthéticiennes de cette célèbre chaîne de salons de beauté.
À l'appel de l'Union des franchisés, ces professionnels dénoncent des pratiques qu'ils jugent illégales de la part de la société JCDA, propriétaire de Body Minute. Parmi leurs accusations figure l'imposition de réductions sur les services qui, selon eux, mettent en péril leurs activités économiques.
Depuis le début de l'année, seize franchisés ont porté l'affaire devant les tribunaux, incitant à une audience prévue en mai. Cette situation préoccupe d'autant plus les franchisés qu'une nouvelle manifestation est déjà retenue à l'ordre du jour, ce qui témoigne de la tension grandissante.
Des réductions imposées
Les franchisés déplorent que des promotions agressives soient imposées sans aucune compensation. Par exemple, pendant les périodes de soldes, des prestations telles que l'épilation peuvent être proposées à 3 euros par zone, au lieu des 50 euros habituels. Soraya Ouas, présidente de l'Union, a exprimé son mécontentement face à ces pratiques, précisant que « ces promotions affectent non seulement nos revenus, mais aussi les marges de ceux qui doivent acheter les produits au propriétaire de la marque ». Elle demande une révision des modalités d'application, voire une remise de fin d'année pour compenser les pertes ressenties. « Depuis août 2025, plus de 70 établissements ont fermé, dont trois la semaine dernière, et nous avons tous perdu jusqu'à 60 % de notre chiffre d'affaires », avertit-elle à l'AFP.
Le franchiseur accusé de harcèlement
Une autre gestionnaire, qui supervise plusieurs établissements sur Paris et dans les environs, a décrit la réduction drastique des effectifs dans son entreprise, avec une chute d'une équipe de 17 à seulement 9 employés. L'Union des franchisés a également signalé un « climat de peur » engendré par des pressions exercées par le franchiseur contre ceux qui souhaitent quitter le réseau ou rejoindre le collectif. Soraya Ouas a également révélé des actions où le franchiseur aurait violé la confidentialité en contactant ses clientes pour les inciter à se rendre dans d'autres instituts compétiteurs.
En réponse à ces accusations, Jean-Christophe David, président de Body Minute, a catégoriquement nié les allégations de comportements illégaux. En entretien avec l'AFP, il a indiqué qu'une étude réalisée par JCDA mettait en lumière que les échecs des franchisés étaient souvent provoqués par une mauvaise gestion de leur part ou une concurrence accrue.
Au cours de l'année 2025, l'enseigne a dû faire face à une forte vague de boycotts à la suite de son action en justice contre une influenceuse dont les vidéos parodiques avaient suscité un tollé dans la communauté des esthéticiennes.







