Dans un effort notable pour gagner en autonomie technologique, l'Union Européenne (UE) a pris une décision significative en attribuant, le vendredi dernier, un gros contrat lié à des services cloud à des sociétés européennes. Cette initiative, selon France 24, intègre pour la première fois des critères de souveraineté dans le processus d'appel d'offres.
Ce contrat, d'une valeur de 180 millions d'euros, a été remporté par l'opérateur public Post Telecom du Luxembourg, en collaboration avec ses partenaires CleverCloud, OVHcloud (filiale d’OVH en France), ainsi que l'allemand StackIT, Scaleway (une autre filiale du groupe Iliad), et le belge Proximus, également en association avec la coentreprise S3NS (collaboration entre Thales et Google Cloud) et l'entreprise Mistral.
Ce changement marque un tournant décisif pour l'UE, qui a jusque-là largement dépendu des géants américains tels qu'Amazon et Microsoft. Cette décision s'inscrit dans un contexte où la nécessité de diminuer cette dépendance s'est fait de plus en plus pressante, surtout face aux tensions croissantes avec les États-Unis sur la régulation numérique.
Le dernier appel d'offres, qui a intégré des critères de souveraineté, représente une avancée concrète de la volonté de l'UE de s'orienter davantage vers des fournisseurs européens, tout en reconnaissant la participation de certains acteurs étrangers, notamment via des coentreprises, comme celle impliquant Google.
La Commission européenne, selon des sources de Les Échos, envisagerait de soumettre des propositions de réglementation qui favoriseraient encore plus l'utilisation de fournisseurs européens pour les contrats publics, notamment dans les domaines des services numériques et de l'intelligence artificielle. Cela s'inscrit dans une logique similaire à celle du soutien au "Made in Europe" dans d'autres secteurs comme l'automobile.
Cette nouvelle orientation préoccupante pour Washington pourrait priver les entreprises américaines de contrats lucratifs. Dans une interview accordée à l'AFP en avril, l'ambassadeur américain auprès de l'UE, Andrew Puzder, a averti qu'une telle démarche risque non seulement de priver les Européens des innovations développées aux États-Unis, mais également d'affaiblir les investissements sur le territoire de l'Union, la rendant plus vulnérable face à des concurrents comme la Chine.







