Des organisations comme Action contre la Faim, Solidarités International et Première Urgence Internationale sont en première ligne, confrontées à des plans de licenciement. Selon un communiqué d'Action contre la Faim diffusé à l'AFP, environ 1.300 postes sur le terrain seront supprimés, en plus de la fermeture de 51 postes au siège, représentant une réduction significative de 11 % des effectifs.
Au-delà des États-Unis, où le démantèlement de l'agence USAID en 2025 est annoncé, d'autres nations telles que le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France cut également leur aide publique au développement, affectant gravement les ONG. Kevin Goldberg, directeur général de Solidarités International, exprime ses inquiétudes : "Nous avons traversé une année 2025 marquée par des incertitudes", notant que l'organisation a dû fermer une base au Mozambique et réduire ses effectifs de plus de 100 personnes.
Première Urgence Internationale a également subi des pertes, perdant 37 % de son financement américain, ce qui a abouti à plus de 400 licenciements en Afghanistan. Olivier Routeau, directeur des opérations, fait état de la diminution drastique des effectifs au siège, passant de 150 à 110.
À l'opposé, certaines ONG comme Médecins du Monde, moins dépendantes des fonds américains, ont pu éviter les licenciements massifs mais ont tout de même dû réduire leurs effectifs sur le terrain. Sandrine Simon de MDM admet des restrictions sur les CDD qui auraient pu être mis en place au siège.
Impact dévastateur sur les équipes
Coordination Sud, une plateforme réunissant près de 200 ONG françaises, a recensé une perte de 4.900 emplois dans 62 organisations en 2025, principalement à l'international. Corentin Martiniault de cette coordination alerte : "Nous perdons de l'expertise et du suivi dans les zones de crise".
Claire, un ancien membre d'une ONG en Afrique, décrit une situation "compliquée à gérer": "Devoir se séparer de collègues locaux dans un pays en crise où le chômage est inexistant est très difficile".
Asma, une autre ancienne employée d'ONG, se définit désormais comme une "humanitaire blasée" et cherche une nouvelle voie professionnelle après son licenciement. Le marché du travail pour les ONG devient de plus en plus incertain, poussant les jeunes à reconsidérer leurs choix de carrière. Benedetta, une étudiante italienne, fait face à la difficulté de naviguer entre emplois nécessitant de l'expérience et stages non rémunérés.
Raphaëlle Parizet, experte en science politique, souligne que "ces coupes budgétaires contribuent à une précarisation des débuts de carrière".
Malgré ces défis, la population intéressée par les métiers humanitaires ne faiblit pas. Julia Grignon, professeure à l'Université Paris-Panthéon-Assas, insiste sur l'importance de continuer à former la jeunesse en droit international humanitaire, compte tenu du contexte géopolitique actuel.







