Devant l'augmentation des prix des carburants, de nombreuses personnes en Provence choisissent d'annuler leurs projets de week-end de Pâques. Cela n'inquiète pas encore les acteurs de l'hôtellerie de plein air, qui restent optimistes concernant les réservations pour les vacances scolaires et l'été.
Partir ou rester ? Cette grande question taraude de nombreux Provençaux touchés par la montée vertigineuse des prix du carburant. "2,40 euros le litre de diesel ! Je préfère rester chez moi. J'ai tout annulé. Entre le prix du carburant et celui du péage, cela représente plus de 150 euros pour un aller-retour. Je ne peux pas me permettre de rendre visite à ma famille à Lyon. Pour les vacances d'été, on va rester dans la région", regrette Nadia, aide à domicile à Marseille.
"Le temps où on partait sans se soucier de rien est révolu"
Comme elle, beaucoup de Provençaux au budget limité décident de ne pas voyager ce week-end de Pâques. "Le temps où on partait sans se soucier de rien, même dans le département voisin, est terminé. Cette année, je passe les fêtes de Pâques chez moi. La situation devient intenable", confie Isabelle, une esthéticienne à domicile près d'Aix-en-Provence. "Le coût de la vie est déjà trop élevé, même pour aller travailler. Si nous partons en vacances cet été, ce ne sera pas en voiture", ajoute Tiphaine.
"Inquiétude et annulations potentielles"
Au camping Le Mas sur la Côte Bleue, les clients sont majoritairement des Allemands, des Hollandais et des Belges, mais aussi des Français venus de loin. Les touristes allemands qui ont fait le déplacement ne regrettent pas leur choix, bien qu'ils aient constaté une dépense supplémentaire : "Nous avons parcouru 1.000 kilomètres pour venir ici. Nous ne raterions ça pour rien au monde, mais nous avons dû débourser 150 euros de plus en carburant. Pour compenser, on mangera moins !", plaisante Franck, en vacances dans un camping-car.
Marina, responsable de l'accueil au camping, indique ne rencontrer aucune annulation pour le moment, mais ressent une certaine tension. "De nombreux clients inquiets nous appellent pour savoir si leur assurance annulation couvre la hausse des prix du carburant".
"Un impact sur les réservations de dernière minute"
Du côté de la Fédération Française de l'Hôtellerie de Plein Air, l'atmosphère reste sereine. "Nous constatons une hausse de 0,3% des réservations au niveau national. Bien que nous ressentions un ralentissement récent, nous sommes toujours en avance pour juillet. Le mois de mai promet également d’être fructueux en raison des week-ends prolongés, qui pourraient représenter 40% des réservations annuelles", se félicite Nicolas Dayot, président de la fédération. Toutefois, il prévient : "La hausse des carburants et la situation internationale, notamment dans le Golfe Persique, pourraient influencer les réservations de dernière minute".







