Les « plats de chefs » séduisent à nouveau les rayons des supermarchés.
On les pensait dépassés, mais les "plats de chefs" sont plus populaires que jamais dans les supermarchés. Qu'en est-il vraiment de leur qualité lors des soirs où l'inspiration culinaire nous fait défaut ? Nous les avons mis à l'épreuve.
Joël Robuchon célèbre actuellement deux décennies de collaboration avec Fleury Michon, tandis qu'Alain Senderens s'apprête à faire de même avec Carrefour. L'attrait des emballages plus modernes et pratiques est devenu essentiel, surtout face à la concurrence grandissante. Le très médiatisé Cyril Lignac, en partenariat avec Findus, a récemment innové dans le secteur des plats cuisinés congelés, visant à rafraîchir et populariser le concept auprès d'un nouveau public.
D'autres acteurs font également leur entrée, à l'image des plats Costes. Ce groupe de restauration, fort de nombreux établissements à Paris, propose de raffinées sauces et récemment, des plats cuisinés présentés dans des emballages élégants. Les préparations Costes sont désormais au même niveau que celles de renom comme Paul Bocuse, tandis que d'autres gammes, comme celle de Guy Martin, ont disparu des rayons pour donner place à de nouvelles créations axées sur le goût, le bien-être et la praticité.
Une dégustation méthodique
Méthodologie de la dégustation
Nos tests ont été réalisés avec des plats achetés dans les grandes surfaces (Carrefour, Casino et Monoprix), en prenant soin d’évaluer un plat par marque. Bien que deux plats de Joël Robuchon aient été sélectionnés, c'était surtout pour son "parmentier de canard", un best-seller. Chaque plat a été chauffé au micro-ondes selon les indications du fabricant avant d'être servi pour une évaluation à l'aveugle par un jury composé de cinq journalistes et deux chefs. Les critères d’évaluation incluaient la facilité d'ouverture, l'aspect visuel, le goût et le rapport qualité-prix.
Des emballages repensés
Les critiques sur les sachets sous vide, jugés peu pratiques et souvent dangereux, ont mené à une évolution significative. De plus en plus de marques, telles que Costes, Findus et Fleury Michon, adoptent des contenants en cassolette ou en barquette, permettant une manipulation sécurisée et évitant le désagrément de la vaisselle.
Moins de conservateurs, plus de naturel
Les chefs, en entrant dans l'univers des plats préparés, se sont engagés à améliorer leur composition, ainsi Joël Robuchon prône des recettes sans conservateurs avec des ingrédients naturels. Paul Bocuse et Marie affichent une réduction du sel et l'absence d'additifs artificiels, mais il reste du chemin à parcourir pour que ces bonnes pratiques deviennent la norme dans tout le secteur.
Qualité des viandes et accompagnements
Surprise agréable lors de notre dégustation : les viandes se sont révélées de qualité, tendres et savoureuses, avec une cuisson maîtrisée. Les exemples incluent le filet mignon d'Alain Senderens ou les kefta de Cyril Lignac. En revanche, les accompagnements tels que féculents et légumes ont souvent été décevants, témoignant d'un manque de soin dans leur préparation.
Des sauces trop présentes
Les sauces, souvent utilisées pour masquer des imperfections, dénaturent parfois le goût. Cela a été le cas pour un certain nombre de plats, dont la cuisse de canard de la Maison Bernard Loiseau noyée sous une sauce. Un bon plat est censé réjouir les papilles, sans superflu.
Les réussites du secteur
Indiscutablement, le parmentier de canard de Joël Robuchon se distingue par sa praticité et son excellent rapport qualité-prix. Les boulettes de boeuf de Cyril Lignac connaissent également un succès notable grâce à leurs épices savamment dosées. Les créations d'Alain Senderens, comme le filet mignon de porc avec ses purées, séduisent également par leur gourmandise visuelle et gustative.
Les plats à améliorer
Le pot-au-feu aux trois viandes des Troisgros pourrait gagner d'une amélioration des légumes, tout comme la cuisse de canard, qui peine à convaincre par son concours peu engageant avec la polenta. Des ajustements sont nécessaires pour maximiser leur potentiel culinaire.







