SNCF et RATP : une expérimentation pour des agents armés de pistolets à impulsions électriques

Une nouvelle mesure pour renforcer la sécurité dans les transports en commun.
SNCF et RATP : une expérimentation pour des agents armés de pistolets à impulsions électriques
L’autorisation de port de cette arme « non létale » s’entend « à titre expérimental » pour « une durée de trois ans à compter de la date d’entrée en vigueur » du décret. © Crédit photo : ALAIN JOCARD / AFP

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a dévoilé une initiative audacieuse visant à accroître la sécurité des usagers dans les transports en commun. À compter des prochaines semaines, les agents de sûreté de la SNCF et de la RATP pourront, dans un cadre expérimental, être dotés de pistolets à impulsions électriques, communément appelés Tasers, pour gérer les situations de violence grandissantes.
Cette mesure répond à une montée des incidents violents observés dans les réseaux de transport. "L'utilisation de tels équipements pourrait s'avérer bénéfique et proportionnée", a affirmé Philippe Tabarot lors d'une interview sur TF1. Selon lui, 10 % des agents de la police ferroviaire, soit environ 300 à 400 agents, seront concernés dans un premier temps.

Le décret officiel publié au Journal officiel précise bien que cette autorisation de port d'armes "non létales" sera valable pour une durée de trois ans, exclusivement à titre expérimental. "Nous nous engageons à évaluer l’efficacité de cette décision après la période d’expérimentation", a ajouté un représentant du ministère des Transports.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte où la sécurité dans les transports devient une préoccupation croissante pour les citoyens. Comme l’a souligné le ministre, les usagers demandent une présence renforcée de forces de l’ordre pour se sentir protégés. Des exemples internationaux montrent que le Taser, utilisé efficacement dans des situations à risque, mérite d'être envisagé en France, à l'instar de son utilisation au Royaume-Uni lors d'une récente attaque dans un train, où le recours à cet outil a permis de maîtriser rapidement la situation.

La décision de permettre aux agents de porter un pistolet à impulsions électriques était initialement prévue par une loi sur la sécurité dans les transports. Censurée par le Conseil constitutionnel pour vice de forme, elle a finalement été réintroduite sous la forme de cette expérimentation. À l’heure actuelle, la SNCF dispose de 3 000 agents de sécurité au sein de son service de police ferroviaire, la SUGE, tandis que la RATP emploie environ 1 000 agents au sein du Groupe de protection et de sécurité des réseaux (GPSR).

À l’avenir, une formation sera nécessaire pour préparer les agents concernés avant leur dotation en ce type d'équipement. Dans un climat de défiance croissante et d’exigences populaires en matière de sécurité, cette mesure vise essentiellement à réduire le recours aux armes à feu tout en assurant la protection des passagers et des agents.
Cette question de la sécurité reste essentielle alors que le début de l’expérimentation pourrait également donner lieu à des débats sur le modèle de surveillance et d’intervention dans le cadre des services publics.

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