Alors que la colère des agriculteurs demeure palpable, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a annoncé une série de mesures lors d'une conférence de presse, en présence de plusieurs membres du gouvernement. Ce plan, doté d'un budget de 300 millions d'euros, vise à apaiser les tensions croissantes au sein du secteur agricole, exacerbées par des crises successives.
Les dispositions prises incluent le doublement du fonds de soutien pour les éleveurs bovins touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui passera de 11 millions à 22 millions d'euros. Genevard a souligné l'importance de cette mesure en disant, "Nous comprenons les inquiétudes liées à la DNC et nous sommes déterminés à agir. Si nous atteignons l'immunité collective, la réglementation pourrait évoluer, mais cela nécessitera un avis scientifique". Cette promesse vise à apaiser les syndicats agricoles, comme la Confédération Paysanne, qui réclament un assouplissement des protocoles.
En outre, le gouvernement a décidé de tripler le fonds hydraulique agricole, passant de 20 à 60 millions d'euros pour mieux soutenir les agriculteurs confrontés à des difficultés d'irrigation, une demande exprimée depuis longtemps par de nombreux professionnels du secteur. "Tous les dossiers en attente seront réexaminés rapidement pour débloquer les financements nécessaires", a-t-elle assuré.
Genevard a également évoqué un nouvel impôt européen instaurant un mécanisme d’ajustement carbone, qui sera neutralisé pour le prix des engrais. "Cette décision, une fois validée par Bruxelles, aura des effets rétroactifs sur les coûts des agriculteurs", a-t-elle précisé, soulignant l'importance de soutenir les producteurs face à la hausse des charges d'exploitation.
Dans le secteur viticole, le plan de crise, annoncé récemment, recevra une enveloppe de 130 millions d'euros, visant à aider les viticulteurs à faire face aux défis actuels. "Ce soutien comprendra des programmes d’arrachage de vignes et des prêts bonifiés pour atteindre une stabilité financière", a-t-elle ajouté. De plus, des fonds supplémentaires de 30 millions d'euros seront attribués pour soutenir les fruits et légumes, particulièrement ceux cultivés dans la région méditerranéenne.
S'agissant du problème du loup, qui affecte les éleveurs, le quota de prélèvement annuel sera porté à 21 %. "Les attaques de loups atteignent des niveaux insupportables avec plus de 4000 incidents l’an dernier. Nos mesures visent à diminuer ces prédations", a expliqué Genevard, tout en soulignant l'assouplissement des conditions de tir des loups.
Cependant, la réaction des agriculteurs reste mitigée. La FNSEA, première organisation agricole, a déclaré que "les mesures annoncées vont dans le bon sens, mais des mesures supplémentaires sont essentielles". Le mécontentement persiste, notamment en ce qui concerne les structures réglementaires qu'ils jugent contraignantes, comme l'Anses. "Nous avons besoin d'une politique fiscale qui renforce notre compétitivité", a ajouté un porte-parole de la FNSEA.
Alors que le climat se tend entre le gouvernement et le milieu agricole, ces mesures semblent un premier pas, mais la route vers la réconciliation est encore longue. La mobilisation des agriculteurs continuera-t-elle si ces promesses ne se traduisent pas par des actions concrètes ? Seul l’avenir nous le dira.







