En 1978, Auxerre devient le théâtre du long-métrage 'Coup de tête' de Jean-Jacques Annaud, sorti en 1979. Bien que l'histoire ne mentionne pas l'AJA, le club de football est omniprésent dans le film, qui raconte le parcours tumultueux de François, un joueur de l'équipe fictive Trincamp, exclu de son équipe et accusé à tort d'un crime. L'équipe a besoin de lui pour un match crucial en Coupe de France, mais cela ne va pas sans tension.
Une inspiration tirée de l'histoire du foot
Jean-Jacques Annaud s'est inspiré d'un fait marquant de l'histoire du football français : l'ascension de l'équipe d'EA Guingamp qui avait atteint les quarts de finale de la Coupe de France en 1973. Gérard Camy, coauteur du livre "Le foot à l'écran", précise que c'est cet événement qui lui a donné l'envie de créer un film sur le football, bouleversant ses intrigues classiques en mêlant drame et passion sportive.
L'AJA au cœur du projet
Le choix d'Auxerre n'est pas anodin. Jean-Jacques Annaud a opté pour cette ville proche de Paris, où le club de l'AJA était en pleine ascension, s'apprêtant à jouer une finale en 1979. L'entraîneur emblématique Guy Roux a généreusement proposé les services de ses joueurs pour participer au film et a même agi comme conseiller technique, apportant ainsi une authenticité inestimable aux scènes de football.
Des anciens joueurs de l'AJA ont partagé leurs souvenirs du tournage. Lucien Denis, qui a doublé Patrick Dewaere, l'acteur principal, a raconté que des repérages avaient été effectués au stade Abbé-Deschamps. Annaud cherchait des joueurs dont la corpulence ressemblait à celle de Dewaere et Lucien Denis, avec sa chevelure frisée et sa moustache, s'est prêté au jeu.
Une anecdote notable du tournage concerne la scène clé où Patrick Dewaere doit marquer le but de la victoire. Malgré son talent d'acteur, il était peu à l'aise sur le terrain, nécessitant plus de 35 prises pour obtenir la performance requise. Au final, la scène a ravi les supporters, qui ont clamé : "Trincamp, trincamp, trincamp. But ! But ! But !" ce qui montre que l'engagement des acteurs, bien que difficile, a su capturer l'énergie du moment.
Les relents de ces jours de tournage résonnent encore dans la mémoire des Auxerrois, et le film reste un témoin de l'héritage footballistique local, tout en jonglant habilement entre humour et émotions. Les histoires de coulisses continuent de nourrir la légende de 'Coup de tête', faisant de cette œuvre une pièce essentielle de la culture populaire française.







