Ce mercredi à Poitiers, quatre responsables syndicaux et militants seront jugés en appel pour « organisation de manifestation illégale » à Sainte-Soline dans le département des Deux-Sèvres.
Le 25 mars 2023, des milliers d'opposants se sont rassemblés dans ce village, défiant une interdiction locale, pour s'opposer à la création d'une « mégabassine ». Ce projet, jugé par les manifestants comme un symbole de privatisation de l'eau, a échauffé les esprits et conduit à de violents affrontements avec les forces de l'ordre.
Lors d'une confrontation près du chantier, plusieurs dizaines de personnes, tant parmi les gendarmes que les manifestants, ont été blessées. Certains opposants ont même été plongés dans le coma suite à des incidents survenus ce jour-là.
Un précédent judiciaire inquiétant
En première instance à Niort, des peines allant de six à douze mois de prison avec sursis avaient été imposées aux porte-paroles des mouvements écologistes, le collectif Bassines non merci (BNM) et les Soulèvements de la Terre. Deux agriculteurs ayant appelé à la mobilisation avaient, quant à eux, écopé d'amendes.
Julien Le Guet, un des leaders du collectif BNM, vient d'être condamné à six mois d'assignation à domicile avec bracelet électronique pour des actes de dégradation lors de précédentes manifestations. Il est également poursuivi pour diffamation dans deux affaires à Paris, dont l'une a été initiée par l'ancienne préfète des Deux-Sèvres.
Une dénonciation de la répression
BNM insiste sur la « criminalisation » des actions militantes, déplorant une des violences subies par les manifestants, avec des plus de 5 000 tirs de grenades lacrymogènes documentés.
Tirs controversés lors des affrontements
Des vidéos révélées par Mediapart et Libération en 2025 ont mis en lumière des pratiques de tir « tendu » de la part des gendarmes, une méthode à la fois risquée et prohibée, mais qui semblait avoir le soutien de la hiérarchie. Ces éclaircissements ont alimenté une perception de volonté de blesser parmi les forces de l'ordre.
Les opposants posent la question de savoir si les mégabassines ne sont pas un moyen pour l'agro-industrie de s'accaparer une ressource vitale. Alors que leurs promoteurs, se présentant comme des agriculteurs aux ressources limitées, affirment qu'il s'agit là d'une nécessité pour faire face aux sécheresses, trois des seize projets envisagés dans le Marais poitevin sont actuellement opérationnels, alors que quatre autres, y compris celui de Sainte-Soline, ont été suspendus pour des raisons écologiques.







