Deux semaines après avoir déclaré vouloir quitter la France, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a fait marche arrière lors du Printemps du livre de Montaigu, le 8 mai. Sa déclaration initiale, où il affirmait que «la France, c’est fini pour moi», a été qualifiée par lui de «coup de colère».
Dans une interview accordée à Ouest-France, il a précisé : «Non, pas du tout ! Jamais de la vie !» Il a ajouté : «Je suis Français de nationalité et les gens dans la rue m’apportent beaucoup de marques de sympathie.» Selon lui, son incarcération a profondément touché les Français.
Encore fin avril, à Bruxelles, où il a été reçu à l’Académie royale de langue et de littérature françaises, l’auteur de 2084 : la fin du monde avait envisagé de partir pour la Belgique ou la Suisse, attribut qu'il a lié aux critiques qu’il a subies depuis son retour d’Algérie et sa séparation de Gallimard pour rejoindre Grasset.
Dans son entretien, Sansal a également commenté ses précédents propos, où il déplorait un climat «pire que la dictature en Algérie», soulignant un sentiment d’être victime d’une «cabale». «Je suis traîné dans la boue matin et soir dans les journaux», a-t-il partagé, ajoutant que ses difficultés avaient commencé après sa libération. Il a fait référence à la concurrence à Gallimard et a exprimé sa frustration face à la désinformation circulant autour de lui.
Le 2 juin prochain, il publiera son nouvel ouvrage, La Légende (Grasset), qui se focalisera sur son expérience de détention en Algérie. Arrêté à son arrivée à Alger en novembre 2024, l'écrivain a été condamné à une peine de cinq ans avant d'être gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
«J’écrivais au président presque tous les jours pour lui dire que je ne voulais pas de grâce», a-t-il révélé, évoquant sa crainte de mourir en prison. «Mon caractère a repris le dessus», a-t-il conclu.
Il a également abordé son départ de Gallimard, dénonçant les critiques suite à son changement d'éditeur. «Jusqu'au 25 février, j'étais le héros, maintenant je suis perçu comme l’ingrat», s'est-il désolé. L’écrivain souhaite être soutenu pour son combat en tant qu’individu libre, tout en mentionnant que les détails de sa rupture avec Gallimard seront explorés dans son prochain livre.
En se penchant sur la situation diplomatique actuelle entre Paris et Alger, Boualem Sansal considère le retour de l’ambassadeur français en Algérie comme un fait positif, espérant que cela facilitera la libération de Christophe Gleizes, un journaliste encore détenu.







