Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de l'ancien ministre, affirme depuis longtemps que son père n'est pas mort par suicide, mais a été assassiné. L'affaire Robert Boulin, souvent qualifiée de mystère, pourrait connaître un tournant significatif. Lors d'une récente conférence de presse, la fille de l'ancien ministre du Travail a conjointement avec son avocat exposé un ensemble de démarches judiciaires pour éclaircir les circonstances entourant le décès de son père, un ancien résistant gaulliste.
Le 30 octobre 1979, le corps de Robert Boulin fut découvert immergé dans un étang, et l'enquête initiale a conclu à un suicide par noyade. Cependant, la famille n'a jamais adhéré à cette version officielle, plongeant dans un combat tenace pour rétablir la vérité.
Une stratégie axée sur le pôle 'cold cases'
Pour faire progresser l'enquête, la famille se tourne désormais vers le pôle national dédié à la réévaluation des crimes non résolus, une entité nouvellement créée en 2022. Fabienne Boulin-Burgeat a partagé son frustrant constat : 'Depuis quatorze mois, rien n’évolue à Versailles', indiquant l'urgence de reprendre une enquête considérée comme à l'arrêt.
Le parquet de Versailles a récemment annoncé une requisition pour transférer l'affaire au pôle 'cold cases' de Nanterre, ce qui pourrait marquer une avancée majeure. Une déclaration du parquet souligne que 'l'analyse des investigations préliminaires a conforté cette saisine', et les délais de décisions du juge pourraient être compris entre huit jours et un mois.
La nécessité de témoins clés
Un des témoins cruciaux de cette affaire, Elio Darmon, est décédé récemment, rendant d'autant plus impératif d’interroger les derniers témoins encore en vie. Ce dernier avait rapporté avoir vu des membres du SAC, un service d'action confié à des agents anti-gaullistes de l'époque, exprimer avoir maltraité Boulin, ce qui aurait conduit à un arrêt cardiaque.
Didier Seban, l'avocat de la famille, insiste sur l'importance d'entendre d'autres témoins encore disponibles. 'Des noms de potentiels impliqués circulent encore dans les témoignages', a-t-il averti.
Appel à une nouvelle autopsie
Les rapports d'autopsie revêtent une importance capitale, car l'examen initial a révélé d'importantes lacunes. Une seconde autopsie effectuée en 1983 avait déjà mis en lumière des fractures au visage qui laissent planer des doutes sur la version officielle. Plus récemment, une analyse en 2020 a contredit l'hypothèse de la noyade par des conclusions dérangeantes.
Fabienne Boulin-Burgeat souhaite qu'une nouvelle autopsie soit réalisée pour clarifier une fois pour toutes les circonstances entourant la mort de son père. L'avocat Seban a exprimé des préoccupations concernant des éléments de preuve manquants au cours des précédentes enquêtes.
Une déclassification des archives souhaitée
Les membres de la famille Boulin ont longtemps évoqué un 'crime d'État' avec des éléments cachés. Didier Seban fait appel à la déclassification de documents qui pourraient contenir des vérités essentielles. Il évoque une démarche similaire qui a été menée pour d'autres événements marquants de l'histoire française.
Les services de renseignement américains, par ailleurs, auraient alerté Boulin sur des risques potentiels pour sa vie. En 2009, la CIA a confirmé détenir des documents liés à cette affaire, soulevant des questions quant à l'implication d'intérêts stratégiques. Fabienne Boulin-Burgeat espère qu’une nouvelle requête sera faite pour récupérer ces informations et les rendre accessibles.
'Il faut toujours garder espoir', a-t-elle déclaré, en attendant une éventuelle nouvelle dynamique dans l'enquête grâce à l'intervention du pôle 'cold cases'.







