L'imposante place de Mai, souvent théâtre d'importantes manifestations politiques, s'est transformée en un immense dancefloor lors d'une rave party célébrant le pape François, décédé il y a un an. Environ 30 000 à 50 000 personnes se sont rassemblées samedi dernier pour vivre cette expérience unique orchestrée par le 'curé DJ' portugais, Guilherme Peixoto.
Ce moment de communion entre musique, danse et spiritualité a été marqué par des beats électro puissants et des visuels captivants, incluant des images du pape François lui-même. Le père Guilherme, vêtu de noir, a réussi à fédérer les foules, déclarant à l'AFP juste avant l'événement : 'Que la musique parvienne à toucher les cœurs… comme l'envie de changer le monde.'
Au pied de la cathédrale où Jorge Bergoglio a officié en tant qu'archevêque avant de devenir le pape en 2013, la scène était surréaliste. En effet, le pape ne serait jamais revenu en Argentine avant sa mort, ce qui rendait l'événement d'autant plus touchant. La municipalité de Buenos Aires a vu en cette rave une occasion de rassembler des gens de tous horizons autour d'un message de paix et de solidarité, dans un contexte culturel particulièrement vibrant.
Rapprocher les gens à travers l'électro et la religion
Le mélange unique d'électro et de message spirituel est devenu la marque de fabrique du père Guilherme, dont la renommée s'est étendue bien au-delà du Portugal. Avec des performances qui l'ont conduit d'une ville à l'autre, il a su capter l'attention des jeunes. Ces derniers sont en quête de nouvelles façons d'aborder la spiritualité, témoignant pour beaucoup d'une modernisation de la religion. 'C'est incroyable de voir l'Église capitaliser sur l'énergie de la musique pour rassembler tant de personnes', a affirmé Tomas Ferreira, un avocat de 25 ans, dans la foule majoritairement jeune.
Martina Jardon, une étudiante de 18 ans, a renchéri : 'C'est merveilleux parce que cela vient d'une intention de l'Église de rassembler énormément de personnes, de types différents.' Les écrans géants diffusant des séquences audio du pape ainsi que des images liées à son héritage ont renforcé cette impression d'unité.
« Ça me donne la chair de poule »
Le père Guilherme, notant l'importance de la musique dans son parcours, a expliqué à l'AFP que ses débuts en tant que DJ remontent à des karaokés organisés dans son église. Avec le temps, sa passion pour la musique électronique s'est développée, surtout durant la pandémie où il a produit des sets très appréciés en ligne. Aujourd'hui, il utilise les performances en club pour transmettre des messages de paix et de solidarité.
'Quand je vois les jeunes unis sur la piste, ça me donne la chair de poule', a-t-il partagé. L'événement fut plus qu'un simple concert; c'était un appel à voyager ensemble, non seulement sur la piste de danse, mais aussi dans la vie.







