Le parquet de Nanterre a requis vendredi une peine de deux ans de prison, dont un an ferme, à l'encontre de l'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, jugé pour avoir illégalement utilisé des policiers municipaux comme chauffeurs. En plus de cette peine, le procureur a exigé 150.000 euros d'amende et une interdiction de voter ou d'exercer toute fonction publique pendant dix ans.
Cette condamnation potentielle fait suite à des allégués graves concernant l'affectation de trois policiers municipaux et d'un agent de police détaché à son cabinet personnel. Ce dernier a été accusé d'avoir agi «par le fait du prince», en créant un service sans «expression de besoin» et sans cadre légal, afin d'échapper à la surveillance de la préfecture, a détaillé le ministère public.
Le procureur, Camille Siegrist, a été ferme dans ses déclarations, déclarant qu'«on ne badine pas avec le respect des règles», et a insisté sur le fait que Balkany devait «payer les sommes dues à la partie civile et aux pouvoirs publics».
Les faits reprochés à Balkany traduisent une «médiocrité sans nom» et une «confusion des rôles», a affirmé l’accusation, soulignant le traitement dégradant réservé aux agents, souvent affectés à des tâches personnelles telles que «porter les courses» et «chercher des cigarettes». Ces accusations mettent en lumière un comportement blâmable vis-à-vis des fonds publics et une violation manifeste des obligations d'un élu.
Patrick Balkany, qui a tenté de défendre son rôle de «maire paternaliste», a vu ses justifications rejetées par le tribunal. «Ce n'est pas par gentillesse qu'elles sont invitées», a rétorqué le parquet, illustrant un état d'esprit où l'élu se perçoit comme un «démiurge omnipotent».
Enfin, le magistrat a souligné que la confiance du contribuable a été «trahie» et a mis en garde contre l’idée que le temps efface les fautes. Cette affaire relance le débat sur l’éthique en politique et l’utilisation des ressources publiques en France.







