Les syndicats défendent le 1er mai comme un symbole lors des discussions à l'Assemblée

Des pétitions et des rassemblements pour préserver le 1er mai menacent d'être transformé.
Les syndicats défendent le 1er mai comme un symbole lors des discussions à l'Assemblée
Marylise Léon (à gauche) et Sophie Binet. © Crédit photo : ALAIN JOCARD / AFP

Les députés se penchent ce vendredi sur une loi controversée qui permettrait aux salariés de certains commerces de travailler le 1er mai, traditionnellement jour férié et chômé en France. Ce texte, élaboré par des sénateurs centristes et soutenu par le gouvernement, avait déjà été adopté au Sénat cet été.

Pour promouvoir cette initiative, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal a lancé une pétition en ligne et publié une vidéo sur les réseaux sociaux. Mais le sujet divise l'opinion publique : selon un sondage récent de l'institut OpinionWay, près de 74% des Français seraient favorables à ce que les salariés de certains secteurs puissent travailler ce jour-là, sous réserve d'une rémunération doublée.

Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a fermement réagi à l'annonce de cette loi sur les réseaux sociaux, dénonçant des "mensonges sur mensonge", en rappelant que des boulangers et fleuristes ont déjà été sanctionnés pour avoir fait travailler leurs employés le 1er mai. Elle souligne que le code du travail permet déjà aux artisans de travailler seuls ou avec des membres de leur famille non salariés, mais l'emploi d'un salarié sous ces conditions est passible d'amendes.

"Le 1er mai, McDonald’s peut ouvrir, alors que nos boulangers et fleuristes sont privés d'exercer. C'est absurde," a tweeté Gabriel Attal, plaidant pour le droit des artisans d'ouvrir leurs commerces ce jour-là.

Des salariés volontaires, mais... des doutes persistent

Le débat s'est intensifié l'an dernier après que des sanctions similaires ont été appliquées à des boulangers en Vendée, Charente et Paris. La loi proposée vise à encadrer le travail des salariés dans des commerces alimentaires, fleuristes et établissements culturels, excluant les grandes surfaces. Les seuls salariés qui choisiront de travailler seront concernés, et ils devront être rémunérés deux fois plus, sans que le refus de travailler ne soit considéré comme une faute.

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a déclaré que ce texte pourrait entrer en vigueur dès le 1er mai 2026, soulignant qu'il cherchait à "sécuriser le cadre existant" tout en préservant le caractère de jour chômé pour la majorité des travailleurs.

Une mobilisation forte des syndicats

Les débats à l'Assemblée nationale devraient commencer à 9 heures et sont accompagnés d'une mobilisation de plusieurs syndicats. CGT, FSU, Solidaires et FO Île-de-France ont appelé à un rassemblement ce matin devant le parlement, dénonçant une remise en cause de cette journée emblématique des travailleurs, qui célèbre déjà 140 ans d'histoire. Sur TF1, Marylise Léon, de la CFDT, a rappelé l'importance de préserver cette date symbolique.

Au total, cette loi pourrait affecter environ 1,4 million de salariés, selon les estimations de Sophie Binet. Elle met en avant les "mensonges" des partisans de la loi concernant la volonté des salariés. Le député LFI Thomas Portes a fait écho à ses inquiétudes, soulignant que le travail du dimanche devait initialement être sur la base du volontariat, mais s'est finalement traduit par une obligation.

Pour la Confédération française de la Boucherie-Charcuterie, ce texte pourrait offrir une chance d'augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs, tandis que l'U2P, représentant les artisans, plaide pour une réforme de la législation actuelle, jugée dépassée. Cette fête du 1er mai est ancrée dans l'histoire, remontant à 1886, lorsque les syndicats américains ont appelé à une grève pour un maximum de huit heures de travail par jour, tragiquement marquée par des violences.

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