l'essentiel
Le COR a commandé des études pour revitaliser un régime de retraites en déficit. Parmi les solutions, le report de l’âge de départ à 65 ans se distingue.
Le sujet épineux de la réforme des retraites refait surface dans le cadre de la préparation du budget 2026. Le régime français, fruit des efforts de l'après-guerre, se retrouve aujourd'hui dans une position délicate. En effet, le déficit général des retraites pourrait atteindre 1,7 milliard d'euros en 2024, et en prévision, il pourrait grimper à 5 milliards en 2026, puis à 6,6 milliards d'euros d'ici 2030. José Alvarez, économiste à l'OFCE, exprime que la situation est alarmante et nécessite des mesures immédiates.
Trois pistes à l’étude, une seule est efficace
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a récemment commandé trois études, l'une au Trésor, une autre à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et la dernière à l'École d'économie de Paris. Parmi les options envisagées, le gel de la revalorisation des pensions, jugé politiquement inacceptable en raison de la pression sur le pouvoir d'achat, a été rapidement écarté.
Un exemple marquant a été la réaction négative à la proposition de supprimer l’abattement de 10 % sur l'impôt des retraités, qui a conduit le gouvernement à abandonner cette idée pour le budget 2026.
8 à 10 milliards d’économie par an
Une autre option discutée, l'augmentation des cotisations, n'est pas jugée viable par la classe politique, déjà accablée par les charges. C’est pourquoi le ministère de l'Économie envisage encore de prolonger l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Cette mesure pourrait réaliser une économie de 8 à 10 milliards d'euros par an, une aubaine pour le système en besoins financiers pressants.
Les experts sont d'avis que seul ce décalage d'âge permettrait de rétablir l'équilibre. En effet, cela retarde le versement des pensions tout en amenant les travailleurs à cotiser jusqu'à un an de plus.
Les présidentielles comme juge de paix
Malgré les avantages argumentés, cette proposition suscite énormément de résistance politique. Le report à 64 ans, déjà difficilement accepté, est actuellement en suspens suite aux derniers développements budgétaires. Les décisions à prendre concernant l'âge légal de départ à la retraite s'annoncent cruciales aux prochaines élections présidentielles.
Les candidats devront clarifier leur position sur ce sujet délicat, en sachant que promettre un allongement de la carrière n’est pas très apprécié des électeurs. Toutefois, face à l’état alarmant du régime actuel, les citoyens semblent ouverts à des solutions innovantes, comme le suggère un sondage Elabe qui montre que 59 % des Français sont favorables à une forme de capitalisation pour compléter le régime par répartition.







