Figure incontournable du paysage politique français depuis plus de 30 ans, Catherine Trautmann a remporté récemment l'élection municipale à Strasbourg, marquant ainsi une nouvelle coupure dans l'histoire de sa ville. À 75 ans, cette ancienne ministre de la Culture sous Lionel Jospin dispose d'un mandat de six ans pour façonner l'avenir de la capitale alsacienne.
Avec presque 37 % des voix, Trautmann renoue avec la mairie, un quart de siècle après en avoir quitté la direction. La maire écologiste sortante, Jeanne Barseghian, a obtenu 32 %, tandis que le candidat LR, Jean-Philippe Vetter, a atteint 31 %, selon les estimations.
Démarquant sa campagne par sa détermination et son expérience, Trautmann s'est positionnée en dehors des partis, déclarant sa candidature dès décembre avant même d'avoir reçu l'aval officiel du PS. Son alliance avec le candidat Horizons, Pierre Jakubowicz au second tour, lui a valu des critiques de la part du premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
"Je me suis alliance d'abord avec les Strasbourgeois", a-t-elle soutenu tout au long de sa campagne, insistant sur son indépendance et affirmant œuvrer en faveur d'une ville qu'elle juge "abîmée" par l'administration écologiste actuelle.
- "Reine Catherine" -
Née le 15 janvier 1951 dans une famille protestante, Catherine Trautmann est diplômée en théologie, avec une spécialisation dans le copte ancien, la langue des chrétiens d’Egypte. Son engagement en politique débute en 1983 au conseil municipal, suivi d'un mandat comme députée du Bas-Rhin et d’un passage en tant que secrétaire d’État dans le gouvernement de Michel Rocard.
Cinq ans plus tard, elle crée la surprise en remportant la mairie de Strasbourg, un bastion de la droite, devenant ainsi la première femme à diriger une capitale régionale en France. Son mandat est caractérisé par des réformes notables, notamment la réintroduction du tramway, qui transforme durablement l'urbanisme local. Élue de nouveau dès le premier tour en 1995, elle s'illustre par son opposition au Front national, devenant une antagoniste redoutable pour Jean-Marie Le Pen.
Appelée à Paris, elle prend le poste de ministre de la Culture au sein du gouvernement Jospin entre 1997 et 2000. Toutefois, des tensions internes mènent à une perte de la mairie en 2001, puis à une exclusion du PS, où son ancien adjoint, Roland Ries, reprend le flambeau.
- "La Trautmann du futur" -
Catherine Trautmann revient aux municipales de Strasbourg en 2020, après un désistement de candiat initial, se plaçant seulement en troisième position. Les relations avec la nouvelle maire, Jeanne Barseghian, se tendent rapidement, avec des accusations mutuelles sur les projets de développement incluant un tramway.
Elle a toujours exclu toute alliance avec les Verts et La France Insoumise, effectuant des gestes d'ouverture envers le centre-droit. La "reine Catherine" a orienté sa campagne contre les écologistes, critiquant une gestion financière jugée chaotique, promettant davantage de places de stationnement en centre-ville et une diminution de leurs tarifs.







