Vladimir Poutine semble prêt à tirer parti de la crise actuelle au Moyen-Orient en laissant entendre que l'arrêt des livraisons de gaz envers l'Europe pourrait être imminent. Ce revirement intervient alors que l'Europe craint une hausse des prix du "combustible bleu" liée à l'escalade des conflits dans la région.
Durant une récente interview accordée à des médias russes, le chef du Kremlin a déclaré : "S'ils vont de toute façon fermer le marché dans un mois ou deux, ne vaut-il pas mieux arrêter maintenant et se tourner vers des partenaires fiables ?" Il a ajouté que son gouvernement étudierait sérieusement la question en coopération avec les entreprises énergétiques.
Alors qu'en 2025, les exportations de gaz russe vers l'Union européenne avaient déjà chuté de 44 %, atteignant leur plus bas niveau depuis 1970, la Russie demeure encore le deuxième fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe, juste derrière les États-Unis. Malgré cette baisse significative, la dépendance de nombreux pays européens à l'égard du gaz russe reste forte.
Un virage vers la Chine
Face à cette situation, l'Union européenne poursuit son objectif d'abandonner complètement le gaz russe. Toutefois, l'intensification récente des frappes au Moyen-Orient a perturbé cette stratégie. À compter du 25 avril, une interdiction sur les importations de GNL à court terme sera mise en place, suivie d'une interdiction des livraisons par gazoduc le 17 juin prochain. L'interdiction finale d'achat de gaz devrait être effective le 1er janvier 2027 pour le GNL et le 30 septembre 2027 pour les gazoducs.
Les inquiétudes montent en Europe face à la flambée des prix, exacerbée par les tensions en Iran et les restrictions maritimes dans le détroit d'Ormuz. Terje Ausland, ministre norvégien de l'Énergie, a récemment suggéré de réévaluer le calendrier de l'abandon des matières premières russes. Les déclarations de Poutine interviennent également à la suite des discussions avec le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, qui a affirmé que la Hongrie et la Slovaquie demeurent des partenaires fiables dans ce contexte énergétique fragile.
La question demeure : vers quel marché la Russie pourrait-elle se tourner si elle interrompait ses livraisons à l'Europe ? Beaucoup s'accordent à penser que la Chine, qui a déjà commencé à acheter du gaz russe non sanctionné en 2025, pourrait devenir un choix stratégique pour le Kremlin.







