La justice a récemment ouvert la porte à une quatrième candidature présidentielle pour Marine Le Pen, en allégeant sa peine d'inéligibilité. Cependant, la cheffe du Rassemblement National devra probablement mener sa campagne sous surveillance électronique, en raison de sa condamnation.
Lors d'une audience, la présidente de la cour d'appel a jugé les faits très graves et a condamné Marine Le Pen à trois ans de prison, dont une année ferme à purger à domicile avec un bracelet électronique. Cette sanction, qui aurait pu compromettre sa candidature, a vu sa période d'inéligibilité réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis, après avoir purgé la peine initiale qui était de cinq ans.
Étant donné les lourdes implications de sa condamnation, Marine Le Pen n'a guère d'intérêt à faire appel pour contester sa peine. Ce scénario la placerait dans une position délicate, car participer à la campagne pendant une procédure d'appel pourrait nuire à son image publique.
La rentrée politique s'annonce chargée, et malgré les obstacles, Marine Le Pen, 57 ans, se retrouve avec le bracelet électronique, un élément qui pourrait être un frein lors de sa campagne. Avant le jugement, elle avait exprimé des doutes quant à sa capacité à mener une campagne efficace dans ces conditions.
En cas d'impossibilité, elle a désigné Jordan Bardella comme successeur pour mener la campagne à sa place. Ce choix pourrait s'avérer judicieux ; selon plusieurs sondages, même en l'absence de Marine Le Pen, le RN maintiendrait une forte popularité, dépassant les 30% d'intentions de vote.
"Nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire", a affirmé Marine Le Pen lors d'une récente déclaration, entourée de Jordan Bardella, à Liévin, dans une région qui a toujours soutenu le parti.
Marine Le Pen a été condamnée l'année dernière à quatre ans de prison, avec deux ans fermes sous surveillance électronique, ainsi qu'à une période d'inéligibilité immédiate. Ces sanctions l'avaient initialement écartée du chemin vers l'Elysée.
Malgré une audience où les débats furent plus tempérés, Marine Le Pen a maintenu sa défense, affirmant sa bonne foi et refusant d'admettre avoir mis en place un système de détournement de fonds publics entre 2014 et 2016.
Les délibérations ont mis en avant le manque de preuves tangibles concernant le travail des assistants parlementaires. Les procureurs ont critiqué une "organisation" qui, au départ, était artisanale sous Jean-Marie Le Pen et qui s'est professionnalisée sous la direction de sa fille, Marine Le Pen.
La cour a finalement décidé de ne pas fermer la porte à une éventuelle candidature de Marine Le Pen pour les élections de 2027, contredisant ainsi les réclamations du parquet qui exigeait une inéligibilité prolongée. Reste à voir si cette décision sera contestée.







