Chaque année, le dernier dimanche d'avril voit le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures célébrer sa démocratie en votant à main levée, une coutume qui remonte au XVe siècle.
La Landsgemeinde, ou Assemblée en plein air, attire encore cette année plusieurs milliers de personnes qui, sous un soleil éclatant, se rassemblent sur la place centrale du charmant village d'Appenzell, peuplé d'environ 17.000 habitants.
Après un office religieux dans l'église paroissiale, les édiles et magistrats défilent lentement vers la place principale pour participer à ce moment fort de la vie démocratique locale. Dans un espace réservé, les citoyens se rassemblent, souvent debout, pour prendre part aux votes.
Pendant plusieurs heures, ils se prononcent à main levée sur différentes questions et élisent leur gouvernement ainsi que plusieurs juges et fonctionnaires, sous le regard attentif des touristes et curieux.
Ce vote traditionnel n'est pas secret, mais il jouit d'un large soutien. "Nous vivons dans une culture qui l'accepte", a déclaré l'avocate centristes, Angela Koller, élue à la tête du canton l'année dernière et réélue à nouveau ce dimanche.
"Il y a beaucoup de tolérance et de respect ici, une volonté de prendre en compte les opinions divergentes", a-t-elle ajouté, soulignant l'importance de cette tradition qui place le dialogue au cœur de la gouvernance.
Les électeurs ont également pris part à des référendums, dont une proposition visant à améliorer les pouvoirs de la police et un projet de développement des pistes cyclables, qui ont tous deux été approuvés.
Appenzell Rhodes-Intérieures est l'un des derniers cantons suisses à perpétuer ce modèle de démocratie directe une fois par an, le partage d'idées étant au cœur de cette célébration communautaire.
"Dans les plus grands cantons, il est évident que cela ne serait pas praticable, mais ici, la tradition de démocratie est profondément ancrée", a ajouté Martin Pfister, conseiller fédéral et ministre de la Défense, présent ce jour-là.
"C'est enrichissant d'avoir cet accès direct à la parole, de discuter avec les gens et d'écouter des arguments sans détour", a souligné Ursulina, une électrice de 31 ans.
Cette tradition, qui a débuté en 1403 en n'accordant le droit de vote qu'à ceux prêts à défendre leur communauté, a évolué au fil des siècles. Les femmes ont eu la possibilité de participer uniquement depuis 1991, soit plus de 20 ans après avoir obtenu le droit de vote aux élections fédérales.







