Une contestation frontale de la procédure s'est manifestée autour de l'eurodéputée Rima Hassan. Lors d'une conférence de presse tenue vendredi, son avocat Vincent Brengarth a qualifié la garde à vue qui a eu lieu le 2 avril d'"illégale", affirmant qu'elle constitue un grave contournement de l'immunité parlementaire. Selon l'avocat, cette "procédure de flagrance a été construite de toutes pièces" pour empêcher l’application des protections accordées aux élus.
La défense s'attaque également à l'inventaire des effets personnels de la députée, soutenant qu'il n'a pas été réalisé dans les règles. Brengarth a indiqué que la valise de Hassan était déjà "ouverte" au moment des constatations. Les autorités ont saisi deux contenants de CBD, dont l'un était jugé conforme, tandis que l'autre contenait selon elles "des traces de drogue de synthèse", dont la nature reste à clarifier. Un test urinaire n’a révélé "aucune consommation de drogue", ce qui alimente les interrogations autour de cette affaire.
Les tensions durant la garde à vue ont également attiré l'attention. Brengarth a déploré "des violations répétées du secret de l'enquête", révélant avoir pris connaissance de certains éléments de l'audition "par la presse". Il sous-entend que ces fuites orchestrées visent à nuire à l'"image et la réputation" de Rima Hassan. Remise en liberté à l'issue de sa garde à vue, elle doit comparaître le 7 juillet pour "apologie du terrorisme", une situation qui suscite un large débat au sein de la classe politique et de l'opinion publique.
Cette affaire soulève de vives interrogations sur les pratiques des autorités judiciaires, et plusieurs experts, dont des politologues, pointent du doigt ce qui pourrait être perçu comme une instrumentalisation du droit pour affaiblir une voix dissidente au sein du Parlement européen.







