Hier, près d'une centaine de lycéens ont manifesté à Carcassonne pour protester contre la montée de l'extrême droite dans la politique locale. Cette mobilisation, qui a traversé plusieurs établissements scolaires pour culminer devant la mairie, marque un moment fort dans l'engagement des jeunes contre les idées du Rassemblement National (RN).
Après huit ans de transition du Front National au RN, la musique militant des Bérurier Noir continue d’inspirer, avec des chants tels que "La jeunesse emmerde le Front National" résonnant dans les rues. Ces mots ont été entonnés avec ferveur sous les balcons de l'Hôtel de Rolland, résidence du maire, Christophe Barthès, élu sous la bannière du RN.
Quel impact pour cette mobilisation ?
La question de l'importance de cette mobilisation se pose. Bien qu'elle puisse sembler modeste par le nombre, elle représente un acte de résistance significatif contre les orientations politiques prises par l'actuel maire. Comme l’exprime un automobiliste : "Il n’y a qu’à leur supprimer les bourses", son commentaire illustre la perception qui entoure ces jeunes engagés.
Mais les lycéens, même s'ils sont minoritaires, sont déterminés. Ils ont commencé leur journée tôt au lycée Sabatier, avec un blocus organisé par le Mouvement Lycéen Carcassonnais (MLC). Avec une musique de fond de Diam's, les participants étaient invités à éviter tout propos ou pancarte pouvant être considérés comme injurieux.
Créativité et messages forts
Au fur et à mesure que se déroulait la matinée, la créativité s'est libérée avec des slogans frappants tels que "Soyons fashion pas facho" et "Siamo tutti antifascisti". L'étendard européen, retiré par le maire le week-end dernier, a également fait son apparition, symbolisant le rejet de la politique actuelle.
A la mairie, épaulés par les forces de l'ordre, les jeunes ont scandé des chants évoquant des luttes passées pour l'égalité, rappelant ainsi les racines de leurs revendications. Simon et Elsa, deux lycéens, ont souligné que cette mobilisation était déclenchée par les décisions du maire, notamment une réglementation restrictive sur la mendicité.
Une rencontre avec la municipalité
La journée a également vu une rencontre avec le responsable du cabinet du maire, Maxime Bot, et son adjoint à la jeunesse, Florent Ghisi. Au cours de cette réunion de 25 minutes, les lycéens ont clairement exprimé leur volonté de rester vigilants face aux mesures jugées répressives du maire. Ils ont affirmé : "On savait bien qu’on n’allait pas le convaincre. Mais on était venus pour lui dire qu’on était là, et qu’on allait surveiller ce qu’il fait".
Cette mobilisation, bien que modeste, envoie un message puissant sur la volonté de la jeunesse à s'impliquer dans le débat public et à défendre ses valeurs. Comme l'a rappelé un expert, Le Monde souligne que le réveil d’un tel mouvement est crucial à une époque où les discours extrêmes prennent de l'ampleur.







