L'Organisation des Nations unies a récemment publié son rapport annuel sur le bonheur, soulignant une corrélation alarmante entre l'utilisation des réseaux sociaux et le bien-être des jeunes à l'échelle mondiale. Malgré des difficultés, la Finlande conserve la première place pour la neuvième année consécutive, tandis que la France recule de deux rangs.
Ce rapport met en lumière les “baisses spectaculaires” du niveau de bonheur chez les jeunes de moins de 25 ans dans des pays comme aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande, avec des effets particulièrement marquants chez les filles. Ce constat pousse de plus en plus de gouvernements à envisager des restrictions sur l'utilisation des réseaux sociaux pour cette tranche d'âge.
Cependant, le rapport indique également une augmentation du bonheur chez les jeunes d'autres régions du monde. “La plupart des jeunes aujourd'hui se déclarent plus heureux qu'il y a deux décennies, ce qui mérite qu'on s'y intéresse”, déclare Jon Clifton, directeur général de Gallup, co-auteur du rapport.
Les experts cherchant à comprendre cette “complexité” soulignent que divers facteurs influencent le bien-être, tels que le temps passé sur les réseaux sociaux, le type de plateformes utilisées, ainsi que des éléments démographiques comme le sexe et le statut socio-économique. Jan-Emmanuel De Neve, professeur à l'Université d'Oxford et auteur du rapport, note qu' “une utilisation intensive des réseaux sociaux est associée à un bien-être nettement moindre. Toutefois, ceux qui s'en détournent volontairement semblent également rater certains effets positifs”.
La France au 35e rang
Dans le classement de 147 pays, l'Afghanistan se distingue par des niveaux de satisfaction de vie parmi les plus bas, en raison des violations des droits de l'homme et des mauvais traitements des femmes sous le régime taliban.
Évalué sur une moyenne de trois ans, l'indice de bonheur prend en compte des critères tels que le PIB par habitant, l'espérance de vie en bonne santé, le soutien social, et la générosité. Les pays nordiques dominent le classement, avec la Finlande, l'Islande, le Danemark, la Suède et la Norvège occupant les cinq premières places. Le Costa Rica entre pour la première fois dans le top 5, tandis que la France se positionne au 35e rang.
Pour la première fois depuis la publication du rapport en 2012, aucun pays anglo-saxon n'apparaît dans le top 10.
« Une nature intacte »
Le professeur Juho Saari de l'université de Tampere évoque les défis que continue de relever la Finlande, malgré un taux de chômage encore élevé et des coupes d'importantes prestations sociales. “Malgré cela, nous sommes contents,” déclare-t-il à l'AFP. “Cela prouve que la politique n'est pas le facteur le plus déterminant”.
La Finlande, avec ses milliers de lacs et son renommé système de protection sociale, affiche un niveau élevé de confiance envers les autorités et des inégalités minimales. “La nature intacte et la tranquillité qui règnent ici sont probablement nos atouts majeurs,” conclut Karolina Iissalo, une jeune femme de 30 ans rencontrée lors de son anniversaire dans un sauna public à Helsinki.







