Le président de la République du Congo, communément appelé Congo-Brazzaville, se prépare à briguer un cinquième mandat lors des élections prévues le 15 mars 2025. Aucun suspense ne semble entourer le résultat, puisque le président en place, connu pour ses méthodes corrompues et répressives, est sur le point d'être réélu, en partie grâce à un soutien officieux de la France, toujours bien ancrée dans ce pays riche en hydrocarbures.
Lors de sa dernière visite à Paris le 23 mai 2025, Denis Sassou-Nguesso a prévalu dans une atmosphère de discrétion. Surnommé « L’Empereur », il demeure un allié stratégique pour la France, bien que parfois difficile à gérer pour les dirigeants successifs, y compris Emmanuel Macron.
Le climat politique au Congo est particulièrement tendu. Quelques jours avant la visite de Sassou, le président du parti d'opposition Les Socialistes, Lassy Mbouity, a été arrêté et torturé, un acte qu'il a dénoncé comme une tentative d'élimination physique orchestrée par le régime. Malheureusement, ce type de violence n'est pas étranger dans un pays où les droits humaines sont largement bafoués.
Un réseau d'entreprises françaises au Congo-Brazzaville
Avec 200 entreprises françaises opérant au Congo, incluant des géants comme Total, la France continue de maintenir un rapport privilégié avec le pays. Une situation largement justifiée par les besoins d'importants investissements dans un pays jusqu'à récemment riche en pétrole.
Denis Sassou-Nguesso a en effet déjà concédé 42 ans au pouvoir, oscillant entre périodes de domination par la force et tentatives de dialogue en période électorale. Il est revenu au pouvoir en 1997 après une guerre civile, soutenu par l’armée, et a depuis renforcé le contrôle sur les médias et la société civile. La situation des droits humains est préoccupante : le Centre d’actions pour le développement a recensé plus de 8 200 violations en 2024, une réalité bien peu médiatisée au niveau international.
Conditions de vie et soutien international
Dans ce contexte, le peuple congolais semble sans voix. Avec une grande partie de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, la crise alimentaire est omniprésente. En dépit des richesses pétrolières du pays, la moitié des Congolais survit avec moins de 1,80 euro par jour.
La situation de tension entre la France et Sassou-Nguesso a éclaté suite aux accusations de détournements de fonds liés à la rente pétrolière. Un mandat d'arrêt a été délivré en mai 2025 contre l'épouse du président, provoquant une réaction indignée de sa part. Cependant, ces conflits n’altèrent en rien l’alliance stratégique entre la France et le Congo nuancée par des affaires parfois obscures.
Alors que ce scrutin se profile, la Commission électorale, sous le contrôle du Parti congolais du Travail (PCT), prépare le terrain pour une réélection rapide et sans faille de Sassou-Nguesso, poursuivant ainsi les affaires de corruption dans la lignée de la tradition de la Françafrique que certains espéraient voir révolue.







