Mathilde Durand
L'essentiel
- Les frappes militaires israéliennes et américaines ont touché durement le régime iranien.
- Cependant, les Gardiens de la révolution sont préparés à cette situation, selon plusieurs experts.
- Les Pasdaran devraient conserver leur influence politique et militaire dans le futur proche.
Un régime affaibli. Dimanche dernier, l'Iran a déploré la perte de son guide suprême l’ayatollah Khamenei et du commandant des Gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour, lors des opérations militaires « Epic Fury » et « Roaring Lion ». Le Pentagone a confirmé la destruction de leur quartier général et de nombreux leaders iraniens.
Pour les Pasdaran, ces pertes sont conséquentes. Cependant, l’idée qu’ils disparaîtront de la scène politique est jugée peu probable par Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Il évoque la préparation de plusieurs remplaçants pour chaque poste influent, rendant leur désorganisation moins probable.
Bombardements et transition de leadership
Les attaques de cet été ont permis aux Gardiens d'améliorer leur réponse, comme l’indique l'Union européenne, qui les a classés comme organisation terroriste. Théo Nencini, chercheur à l'Institut catholique de Paris, souligne que la structure de commandement a évolué vers une plus grande décentralisation, ce qui pourrait nuire à l'efficacité des tentatives de décapitation.
Signe de la résilience des Gardiens, une riposte a été orchestrée, avec un bombardement de missiles sur des villes israéliennes. Par ailleurs, comme reporté par Iran International, Ahmad Vahidi a été désigné nouveau leader du corps paramilitaire. Jonathan Piron, historien spécialiste de l'Iran, décrit Vahidi comme un personnage dur et radical, fortement impliqué dans des événements marquants de l'histoire iranienne récente.
Le Guide suprême, un phare dans la tempête
Les Gardiens, établis en 1979 par l'ayatollah Khomeyni, ont joué un rôle essentiel dans la protection du régime. Leur influence s’étend bien au-delà du rôle militaire, affectant profondément l’économie, représentant entre 20 et 60 % de celle-ci.Thierry Coville rappelle qu'ils exercent un pouvoir militaire et sécuritaire considérable depuis des années. Alors que le pays entre dans une période critique, leur pouvoir pourrait encore accroître, ponctue Théo Nencini.
Dans ce contexte, la question demeure : quelle sera l'éventuelle évolution des Gardiens ? Théo Nencini évoque des scénarios allant d'un militarisme croissant à un éventuel apaisement diplomatique. La loyauté des Pasdaran envers le régime reste inébranlable, car c'est de cette loyauté qu'ils tirent leur légitimité.







