Paris, France – L'Inspection générale de la justice a confirmé jeudi une "accumulation de défaillances" au sein des services étatiques, qui n'ont pas su anticiper le féminicide d'Inès Mecellem, tragiquement assassinée à Poitiers le 8 septembre, malgré plusieurs plaintes déposées contre son ex-compagnon.
Cette affaire met en exergue un "paradoxe" déjà observé dans d'autres cas : malgré la disponibilité d'outils divers et d'un cadre légal précis, "le danger extrême" pesant sur la victime n’a pas été correctement évalué ni anticipé, comme l'indique le rapport de l'Inspection générale, commandé par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
Agée de 25 ans, Inès Mecellem a été retrouvée avec de multiples blessures stabiles à son domicile. Il est à noter qu'elle avait activé son téléphone grave-danger (TGD) deux jours avant le drame, un dispositif permettant aux victimes de violences conjugales de solliciter rapidement l’intervention des forces de l'ordre.
Elle avait également déposé une plainte le 10 juillet, suivie de visites au commissariat les 17 juillet, ainsi que les 13, 19 et 28 août, où elle a fait état de harcèlement et de menaces de mort.
Le rapport souligne des "fragilités significatives" dans l'évaluation du risque et le traitement des plaintes. Les outils conçus pour protéger les victimes sont présents, mais leur efficacité est entravée par un manque de coordination entre les divers services, ce qui a conduit à l'inaction face à des situations de détresse extrême.
Ce tragique féminicide met en lumière l’urgence d’un suivi renforcé des affaires de violences intrafamiliales par le parquet. Gérald Darmanin a récemment annoncé un "changement de méthode" dans la lutte contre les violences faites aux femmes, en réponse aux "failles" persistantes du système judiciaire. Parmi les mesures évoquées, la création d'un guichet national pour les téléphones grave-danger est prévue dans les prochaines semaines, ainsi que l'unification des programmes de responsabilisation pour les auteurs de violences sexuelles et sexistes, et l’expérimentation d’audiences communes (civiles et pénales).
Selon des associations féministes, 167 féminicides ont été dénombrés en France en 2025. Les chiffres officiels signalent 107 féminicides conjugaux pour 2024, marquant une hausse significative par rapport à l’année précédente.
© 2026 AFP







