Alors que la période des soldes d'hiver bat son plein, la boutique Shein du BHV Marais semble plus vide que jamais. Deux mois après son inauguration, les clients boudent les rayons, et l'attente d'un engouement similaire à celui des premiers jours s'est transformée en une déception palpable.
Lors d'une visite de RTL, les journalistes ont constaté une ambiance morose. Un vendredi midi, moment idéal pour le shopping, l’étage consacré à Shein n'affichait que quelques curieux. Initialement, l’ouverture avait attiré un nombre impressionnant de clients, mais la tendance semble s'être inversée. Une constatation d'autant plus surprenante que les prix s'affichent à -50 % : jeans à 25 euros, pulls à 16,50 euros... tout est là, mais personne ne semble s'y intéresser.
Les vendeurs, visiblement désoeuvrés, jettent des coups d'œil à leurs smartphones, attendant en vain des clients à la caisse. Une seule caissière était opérationnelle pendant la visite, enregistrant zéro vente dans un lieu pourtant prisé en plein cœur de Paris.
Le patron du BHV avait pourtant annoncé un joli chiffre de 50 000 clients en seulement cinq jours, espérant que l’enseigne Shein attirerait un flux continu de clients. Un retour sur investissement jugé bas pour un établissement de cette envergure. De plus, de nombreux clients avaient exprimé lors de leur visite leur étonnement face à des prix jugés trop élevés par rapport aux attentes d’une enseigne orientée mode rapide. Les soldes agressives lancées par Shein ne suffiraient donc pas à relancer l'intérêt.
Selon les experts de la consommation mode, cette situation met en lumière les défis auxquels fait face la fast fashion en France, surtout dans un contexte où les préoccupations environnementales impactent les comportements d'achat des consommateurs. En fin de compte, ce ralentissement au BHV pourrait être un reflet de la prise de conscience croissante des clients face aux enjeux éthiques et écologiques que représente la mode rapide, comme l'affirme le sociologue Pierre Bourdieu.







