Suite aux incendies ravageurs qui ont touché Fontainebleau cette semaine, la question de l'origine criminelle se pose. Le psychiatre Laurent Layet, invité de RTL, s'attarde sur les profils psychologiques des incendiaires.
Depuis le début de l'année, 59 individus ont été arrêtés pour des soupçons d'implication dans des feux de forêt. Parmi eux, un pompier volontaire de 18 ans a été mis en examen et placé en détention pour son rôle dans l'incendie de Fontainebleau. Lors de son interrogatoire, il a reconnu avoir allumé des brindilles à Arbonne-la-Forêt avant de revenir sur ses aveux. Un autre jeune, également âgé de 18 ans, a avoué avoir accidentellement causé un incendie en jetant sa cigarette.
Un quadragénaire, quant à lui, a été interpellé après avoir tenté de provoquer un incendie près de Fontainebleau, avec des éléments compromettants retrouvés dans son véhicule. Ces événements soulèvent des interrogations sur la diversité des motivations des incendiaires.
5% des incendiaires sont considérés comme des pyromanes
La dévastation de près de 2.000 hectares de forêt illustre un phénomène complexe. Seuls 5% des incendiaires sont classifiés comme pyromanes, selon le Dr Layet. Ces individus sont souvent mus par des émotions conflictuelles telles que la colère ou le besoin de vengeance. "La pyromanie est un trouble de la santé mentale", précise Coralie Coste, psychologue.
Ces pyromanes affichent une recherche d'excitation associée au feu. "Ils ressentent une forte tension et parfois, une sensibilité exacerbée", explique-t-elle. Cela suggère un lien entre leur état psychologique et leurs actions violentes, souvent regroupées dans des motivations propres à chacun.
Une excitation à l’intérieur
Malgré les différents types de profils, des éléments communs émergent. Les pyromanes sont souvent des hommes jeunes, impulsifs, et ils ont souvent un sentiment de solitude. Ils se trouvent en situation de vulnérabilité face à un monde qui leur échappe souvent, ce qui les pousse à agir sans penser aux conséquences.
Le Dr Layet met en lumière que ces individus ont une conscience de transgresser les règles. Cette prise de conscience n'empêche cependant pas le passage à l'acte, motivé par une forte tension interne à évacuer. Cette dynamique peut parfois offrir une forme de satisfaction immédiate.
Les sapeurs-pompiers pyromanes
Le cas du pompier pyromane soulève des questions importantes. Selon Paul-Édouard Laurain, porte-parole des sapeurs-pompiers, cette situation provoque un choc au sein de la profession. Les pyromanes intègrent des métiers en lien avec le feu, cherchant à prolonger une forme d'excitation.
Ces individus peuvent même participer à la lutte contre le feu, un mécanisme qui leur permet de prolonger ce sentiment de tension. Cependant, il est souligné par la psychologue Coralie Coste qu'il n'existe aucune méthode infaillible pour détecter ces comportements à risque. "Il n'est pas possible de prédire ces actes, même avec des outils d'évaluation bien développés", conclut-elle.







