Vendredi dernier, l'Union européenne s'est retrouvée sous une pression considérable pour retarder l'application de ses nouvelles règles relatives aux émissions de méthane dans les secteurs pétrolier et gazier. Cette situation découle des appels tant des États-Unis que de plusieurs pays européens, suscitant l'inquiétude des ONG environnementales.
Ces nouvelles mesures imposent aux importateurs de surveiller et de rapporter les émissions de méthane associées à leurs activités à partir de 2027, afin de réduire les fuites de ce gaz à effet de serre particulièrement polluant. Cependant, plusieurs pays membres, y compris l'Italie et les Pays-Bas, ont exprimé des réserves. Ils appellent à un report de trois ans, arguant que ces nouvelles exigences pourraient restreindre la diversité des fournisseurs, à un moment crucial en raison des perturbations actuelles sur les marchés énergétiques, exacerbées par des tensions géopolitiques.
Des voix politiques, comme celle de la ministre allemande de l'Économie, Katherina Reiche, se sont également fait entendre, plaidant pour un report de la loi, bien que le sujet suscite des débats au sein de sa propre coalition gouvernementale. En parallèle, les États-Unis, principaux fournisseurs d'hydrocarbures de l'Europe, exercent un lobbying actif contre cette réglementation.
Andrew Puzder, Ambassadeur des États-Unis auprès de l'UE, a exprimé via Twitter que le règlement sur le méthane constituait une menace pour la sécurité énergétique de l'UE et la stabilité des prix. En revanche, Dan Jorgensen, Commissaire européen à l'Énergie, a mis en garde contre les conséquences d'une modification des règlements, soulignant que cela pourrait engendrer plus d'insécurité sur les marchés.
Il est important de rappeler que près de 60 % des émissions mondiales de méthane sont directement liées aux activités humaines, principalement l'agriculture, suivie par le secteur énergétique. Ce gaz a un potentiel de réchauffement climatique supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Ce débat crucial émerge alors que des conditions climatiques extrêmes, telles que des vagues de chaleur record, frappent l'Europe, rappelant l'urgence de la lutte contre le changement climatique, un appel également lancé par le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.







