L'ancien président de la Corée du Sud, Yoon Suk Yeol, a été condamné à une peine de 30 ans d'emprisonnement pour avoir lancé des drones vers le Nord. Ce geste audacieux visait à exacerber les tensions avec Pyongyang et à établir un prétexte pour instaurer la loi martiale, selon une décision prononcée vendredi par un tribunal de Séoul.
À 65 ans, Yoon est déjà sous le coup d'une condamnation à perpétuité pour insurrection, une sanction infligée en février après avoir tenté de museler le Parlement en déployant l'armée. On lui reproche également, en lien avec une autre affaire, d'avoir initialement été condamné à cinq ans de prison pour entrave à la justice, peine ultérieurement portée à sept ans en appel.
Selon les autorités, en octobre 2024, Yoon aurait ordonné l'envoi de drones militaires transportant des tracts de propagande au-dessus de la capitale nord-coréenne, un acte qui avait provoqué une riposte mesurée de Pyongyang, qui se contentait d'avertir d'une possible réplique en cas de nouvelles incursions.
La justice a précisé que Yoon voulait semer le désordre pour justifier l'imposition de la loi martiale, une stratégie qui aurait permis de créer une crise de sécurité nationale. Les juges ont affirmé que Yoon utilisait les ressources militaires pour des ambitions personnelles, sans lien avec la sécurité du pays.
Les procureurs avaient demandé une peine de 30 ans, soulignant le risque d'une fuite d'informations sensibles, les drones s'étant écrasés sur le sol nord-coréen.
Bien que la Corée du Nord ait réagi avec mesure à l'origine, Yoon avait justifié sa décision par des menaces présumées émanant de « forces anti-État » appartennant à Pyongyang. Malgré l'opposition parlementaire, un groupe de députés est parvenu à voter contre la loi martiale, forçant Yoon à reculer, et créant ainsi une crise politique majeure.
Déchu de son poste en avril 2025, Yoon a fait appel de sa condamnation et défend son acte en arguant qu'il avait agi dans l'intérêt de la nation. Ses avocats affirment qu'il n'a jamais donné d'instructions explicites pour l'envoi des drones, le qualifiant même d'acte de légitime défense suite à l'envoi de ballons nord-coréens chargés de déchets.
Les tensions entre le Nord et le Sud subsistent, malgré les appels à la paix. Le président actuel, Lee Jae Myung, a exprimé des préoccupations après que des enquêtes ont révélé des implications gouvernementales dans l'envoi de drones civils au Nord. Pyongyang, quant à lui, a fermement répondu en annonçant avoir abattu un drone de surveillance près de Kaesong et a promis de réagir violemment en cas de nouvelles violations. Les relations restent tendues alors que le Nord désigne toujours le Sud comme son ennemi primordial.







