Belfast a été le centre de nouvelles manifestations tumultueuses, mercredi 10 juin, à la suite d'une attaque au couteau. Le suspect, un réfugié soudanais, a été inculpé, tandis que la victime, gravement blessée, est désormais dans un état stable.
La capitale nord-irlandaise, Belfast, a subi sa deuxième nuit consécutive de tensions, mercredi 10 juin. Ces troubles ont été déclenchés par une agression au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été arrêté. Les forces de l'ordre ont dû recourir à un canon à eau pour contenir des manifestants imposants sur plusieurs sites de la ville.
Plus d'une centaine de manifestants se sont rassemblés en différents endroits de Belfast, certains prenant un ton pacifique. La tension était palpable dès le début de la soirée dans une rue de Glengormley, où une forte présence policière a été observée. Des agents ont été visés par des projectiles divers, ce qui a conduit à l'usage du canon à eau.
La famille de la victime « dégoûtée » par les violences
Contrairement à la nuit précédente, lorsque des émeutes anti-immigrés ont éclaté, le centre de Belfast a échappé à la violence cette fois-ci. Stephen Ogilvie, la victime de l'agression, a perdu un œil et se trouve actuellement à l'hôpital dans un état stable. Sa famille, dans un communiqué relayé par les forces de l'ordre, a fait part de son dégoût face aux scènes de violence.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a qualifié ces émeutes de « choquantes ». La police nord-irlandaise a renforcé ses effectifs, avec des renforts provenant du reste du Royaume-Uni attendus jeudi.
Les appels à manifester tenaient leur origine de personnalités d'extrême droite, notamment Tommy Robinson et Elon Musk.
Malgré les appels au calme, des magasins et restaurants ont baissé le rideau mercredi, les rues du centre-ville demeurant désertes. Des graffitis islamophobes ont été peints sur plusieurs murs, et un bus avait été incendié la veille.
Une habitante de 28 ans, sous couvert d'anonymat, a exprimé sa tristesse face à la situation. Une autre résidente, également anonyme, a reconnu la « colère » des manifestants mais a déploré une généralisation frappant tous les étrangers.
Racisme et désinformation en toile de fond
Les violences ont été exacerbées par la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant l'attaque au couteau. Les autorités ont accusé les plateformes de contribuer à la montée de la haine. Le régulateur des médias, Ofcom, a rappelé aux réseaux l'importance de leurs responsabilités. La police a averti que la diffusion d'adresses de réfugiés pourrait constituer une infraction.
La ministre nord-irlandaise de l'Intérieur, Naomi Long, a accusé les instigateurs de ces violences d'exploiter la peur légitime des gens, dénonçant le racisme qui sous-tend ces actes.
Le suspect, Hadi Alodid, 30 ans, comparu devant un juge, incriminé de tentative de meurtre. Arrivé en Irlande du Nord en 2023 avec un statut de réfugié, ses motivations restent obscures, mais la police a écarté la piste terroriste pour l'heure.
Des manifestations anti-immigrés ailleurs au Royaume-Uni
Des troubles similaires ont eu lieu à Glasgow et Southampton. À Glasgow, trois hommes ont été inculpés pour des violences racistes. À Southampton, une manifestation violente a éclaté la semaine passée, portant sur la gestion par la police d'un meurtre controversé.
Lire aussi







