Dans un contexte de pénuries grandissantes, la situation à Cuba demeure préoccupante. Les conséquences du blocus pétrolier américain n'ont cessé de s'intensifier, plongeant l'île dans une crise économique marquée par la raréfaction des denrées alimentaires et un véritable désespoir chez les habitants. Alors que la population s'interroge sur le sort de Raúl Castro, une fracture se dessine au sein de la société cubaine. Les récentes manifestations, bien que réprimées avec une rigueur militaire, témoignent d'un mécontentement croissant qui s'exprime davantage dans la capitale, La Havane.
Sur les réseaux sociaux, une jeune Cubaine, Betty, a partagé une méthode rudimentaire pour lutter contre les moustiques, en brûlant des cartons d'œufs. Ce geste, bien qu'inventif, met en évidence le désespoir croissant. "Avec l'absence de services de fumigation professionnels, on assiste à une multiplication des moustiques, entraînant des cas de dengue", explique-t-elle. Les médias, tels que Cibercuba, soulignent que même les hôpitaux de l'île sont envahis par ces insectes, dépassant en nombre les médicaments eux-mêmes.
Dans la faim et le noir
La pénurie de fournitures médicales, exacerbée par l'embargo qui pèse sur Cuba depuis 1962, transforme ce qui devrait être des soins de santé basiques en luxes inaccessibles. Marc D., un Français vivant à Cuba, témoigne : "Ma compagne a récemment souffert d'une grave maladie, et elle n'a pu effectuer aucune radio à l'hôpital". Face à une crise de carburant, les habitudes alimentaires ont profondément changé, rendant les légumes-racines essentiels. Les habitants doivent renoncer à des repas, pendant que les coupures d'électricité s'intensifient. Certaines voix, comme celles de Daniela et Anna-Maria, expriment leur angoisse face à cette situation où la nourriture devient rare.
Le peuple divisé sur l'inculpation de Castro
Les manifestations pacifiques qui commencent à émerger contre la crise alimentaire rencontrent une réponse policière sévère. Yailet Infante évoque le climat oppressif qui règne sur l'île, notamment après l'arrestation de sa mère suite à des accusations infondées. "Ma mère est âgée et fragile, quel danger pourrait-elle représenter ?" questionne-t-elle. Dans un témoignage partagé par la journaliste Ana Leon sur Cubanet, on note que les Cubains sont en réalité trop épuisés pour protester. "Les rues, jadis aux couleurs vives, sont devenues des endroits de désespoir", renchérit-elle.
En réaction aux accusations portées contre Raúl Castro, des rassemblements ont eu lieu à La Havane, montrant la divergence des opinions. Si la presse officielle loue encore le personnage de Castro, une invasion américaine est redoutée par beaucoup qui espèrent un changement. La question qui demeure est de savoir si Donald Trump pourrait être perçu comme un allié ou s'il reste un ennemi pour une population en quête de solutions, pour qui l’heure des choix semble plus que jamais d’actualité. Pour certains critiques, le changement ne pourra pas se faire sans une rupture nette avec le passé castriste.







