L'Iran a accusé samedi les États-Unis de mettre en péril les négociations visant à mettre fin à la guerre avec des "exigences excessives". Cette situation est exacerbes par un changement d'agenda au sein de l'administration Trump, suscitant des craintes d'une reprise des hostilités.
Lors d'une conversation avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, a exprimé son mécontentement face aux "positions contradictoires" et aux "demandes répétées" des États-Unis, selon des informations rapportées par les agences Tasnim et Fars.
Ces éléments perturbent le processus de négociations, qui se déroulent sous l'égide du Pakistan, alors que le chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est actuellement à Téhéran pour cette médiation. M. Araghchi a toutefois souligné l'engagement de l'Iran dans ce processus diplomatique, affirmant qu'il vise à aboutir à un résultat "raisonnable et équitable" malgré une méfiance profonde envers les États-Unis.
Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a quant à lui noté que des divergences majeures subsistent entre Téhéran et Washington, à propos de la fin du conflit sur plusieurs fronts, y compris la situation au Liban et le blocus américain des ports iraniens. Les discussions autour du nucléaire demeurent également insolubles.
Simultanément, le Qatar, durement touché par le conflit et d'autres pays, intensifient leurs efforts de médiation. L'Iran a confirmé la visite récente d'une délégation qatarie.
Du côté américain, des médias rapportent que le gouvernement envisage potentiellement de nouvelles frappes contre Téhéran. Selon CBS News, des militaires américains se préparent à d'éventuels bombardements durant le week-end, alors que Donald Trump a convoqué ses conseillers pour discuter de la situation.
En outre, le président américain a décidé de modifier ses projets, annulant sa participation au mariage de son fils aîné aux Bahamas pour rester à Washington, un choix qu'il justifie par des "raisons d'État". Ce week-end, il a affirmé que les dirigeants iraniens "ont désespérément envie de conclure un accord".
Depuis la mise en place d'une fragile trêve le 8 avril, seulement une séance de négociations, peu fructueuse, a eu lieu le 11 avril à Islamabad entre les représentants des deux pays. Donald Trump a, à plusieurs reprises, menacé de reprendre les hostilités sans prendre de mesures concrètes à cet égard.
Le président américain cherche désespérément une solution à cette guerre impopulaire qui perturbe gravement l'économie mondiale, notamment à cause du blocage du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième des volumes mondiaux de pétrole et de gaz.
Pour sa part, l'Iran revendique qu'il ne cédera jamais à l'intimidation, les Gardiens de la Révolution ayant même menacé d'étendre le conflit "bien au-delà de la région" en cas de nouvelles attaques.
Au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent malgré le cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, qui dure depuis la mi-avril. Vendredi dernier, dix personnes ont été tuées lors d'une série de bombardements, et deux nouvelles frappes ont touché la ville de Tyr, peu après un avertissement de l'armée israélienne.







