Trois études menées par l'Inserm mettent en lumière un lien préoccupant entre la consommation de certains additifs alimentaires, tels que les colorants et conservateurs, et un risque accru de maladies chroniques, notamment le diabète de type 2 et certains types de cancer.
Ces colorants, présents dans des produits tels que les sirops, les yaourts aux fruits ou les sodas, font l’objet de vives inquiétudes scientifiques. Leur présence croissante dansnos aliments ultra-transformés soulève des questions importantes sur notre santé à long terme.
Deux des études, publiées respectivement dans Diabetes Care et dans European Journal of Epidemiology, ont observé une association entre l'exposition aux colorants et des maladies chroniques. En effet, des recherches menées sur plus de 100 000 participants de la cohorte NutriNet-Santé ont révélé une augmentation de 38 % du risque de diabète de type 2 chez ceux qui consomment le plus d’additifs colorants. De plus, le risque global de cancer augmente de 14 %, avec des hausses notables pour certains cancers, comme celui du sein où le risque grimpe jusqu'à 32 % chez les femmes post-ménopausées.
Des effets biologiques encore en cours d’explication
Les scientifiques explorent plusieurs voies pour expliquer ces résultats, évoquant des perturbations dans la signalisation de l’insuline — hormone clé dans le métabolisme du glucose — ainsi que des modulations des niveaux de glycémie et des impacts sur le microbiote intestinal. D'autres études sont attendues pour approfondir notre compréhension de ces mécanismes. Comme le souligne le Dr. Lucie Hardouin, spécialiste en nutrition à l’Inserm, "les résultats sont suffisamment inquiétants pour justifier une réévaluation des normes d’innocuité des colorants alimentaires sur le marché".
Face à ces révélations, il devient crucial d'interroger notre alimentation et d'envisager des choix plus sains, en limitant la consommation de produits riches en additifs nocifs, comme l'encourage également la Fondation contre le cancer.







