Dans un contexte tendu, Downing Street a démenti, ce mardi, avoir exercé des pressions pour accélérer la nomination de Peter Mandelson en tant qu'ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis. Cette clarification intervient après les explications du Premier ministre Keir Starmer devant le Parlement, qui n’ont pas apaisé la controverse qui entoure cette affaire.
Mandelson, figure controversée du Parti travailliste, est au cœur d'une crise qui empoisonne le leadership de Starmer depuis plusieurs mois. Lors de son intervention à la chambre des Communes, Starmer a reconnu avoir fait preuve d'une "erreur de jugement" en choisissant Mandelson, qui a été limogé en septembre après des révélations accablantes sur ses relations avec Jeffrey Epstein, un financier à la réputation ternie, décédé en détention en 2019.
La semaine dernière, le journal The Guardian a révélé que, malgré un avis défavorable du service de vérification des antécédents, le ministère des Affaires étrangères avait accordé à Mandelson une habilitation de sécurité. En réponse, Starmer a nié avoir menti au Parlement, déclarant que des "responsables" lui avaient caché des informations cruciales, conduisant au limogeage d’Olly Robbins, le haut fonctionnaire du Foreign Office, après ces révélations.
Robbins a avoué devant une commission parlementaire que Downing Street avait exercé une "pression constante" sur le Foreign Office pour que la nomination de Mandelson soit validée rapidement, avec l’objectif d’un déploiement avant l’investiture de Donald Trump, prévue pour janvier 2025. Finalement, Mandelson a pris ses fonctions trois semaines plus tard, provoquant des interrogations sur les procédures en vigueur.
Robbins a souligné que le service en charge des vérifications considérait Mandelson comme "un cas limite", notant que les risques perçus n’étaient pas uniquement liés à sa relation avec Epstein, mais également à ses liens professionnels avec la Chine. La réaction de Downing Street a été de démentir toute pression, affirmant que la procédure de nomination avait été respectée et que la situation était "inhabituelle" mais relevant du Foreign Office.
Le témoignage de Robbins a relancé les appels à la démission de Starmer, certains membres de l'opposition le qualifiant d'inapte à son rôle. Kemi Badenoch, cheffe de l'opposition conservatrice, a exhorté à son départ, tandis que Ed Davey, chef des Libéraux-démocrates, a qualifié cette nomination de "désastre". De son côté, Trump a également critiqué le choix de Mandelson, affirmant qu'il s'agissait d'un "mauvais choix".
Face à cette tempête, Starmer se retrouve à un tournant décisif, coincé entre la nécessité de maintenir son cap politique et les critiques qui menacent de le fragiliser encore davantage.







