Les anciens otages Cécile Kohler et Jacques Paris ont fait leur première apparition médiatique depuis leur libération, lors du journal de 20 Heures sur France 2, le 13 avril. Les deux Français, libérés après plus de quatre ans d’enfermement, ont partagé leur expérience éprouvante et leur soulagement palpable.
« Nous sommes en excellente santé mentale et physique », a assuré Cécile, tandis que Jacques a évoqué « l’odeur inestimable de la liberté ». Leur détention à Téhéran, marquée par des conditions jugées inhumaines, a été décrite comme un processus de déshumanisation. Enfermés dans la tristement célèbre prison d'Evin, ils ont été arrêtés en mai 2022 alors qu'ils étaient en voyage, accusés d'espionnage pour le compte d'Israël.
« Dès notre arrestation, nous avons basculé dans un autre monde », a déclaré Jacques Paris. Les anciens détenus ont passé de longs mois à l’isolement total, vivant sans les basiques quotidiens tels que lit ou brosse à dents. Cécile a décrit ces séjours comme un véritable effondrement de l'identité : « Il est difficile de lutter contre l’isolement. Nous faisions face à des menaces constantes de pendaison et d’un isolement prolongé », a-t-elle ajouté.
Surmonter l’enfer de la détention
Pour survivre à ces conditions atroces, chacun a trouvé ses méthodes. Jacques a pratiqué du sport pour maintenir sa résistance physique, tandis que Cécile a choisi d'apprendre l'Odyssée d'Homère par cœur afin de distraire son esprit. « Nous avions cette conviction qu’ils ne pourraient pas nous détruire », a partagé Cécile.
Les deux ex-otages ont également évoqué les aveux forcés qu’ils ont dû faire devant les caméras de la télévision d'État iranienne. Jacques a décrit cette expérience comme l'un des moments les plus traumatisants de leur vie, soulignant le manque de choix qui leur était offert.
Lors de cet entretien, Léa Salamé a conclu en demandant ce qu’ils souhaitaient pour l’avenir. Cécile a répondu : « Nous aspirons à être heureux, et nous sommes sur la bonne voie. Notre mantra est « vive la vie » », une philosophie qu'a rapidement acquiescée Jacques.
Un engagement diplomatique acharné
Libérés en novembre 2025, mais assignés à résidence à l’ambassade de France à Téhéran, leur retour à Paris s’est concrétisé le 8 avril, après des mois de discussions diplomatiques. Emmanuel Macron les a d’ailleurs reçus à l'Élysée, soulignant le succès d'un « effort très long » déployé par le gouvernement français tout au long de cette crise.
Les tensions géopolitiques, exacerbées par la guerre déclenchée en Iran le 28 février, avaient compliqué leur libération. Leurs histoires, désormais connues, témoignent des épreuves affrontées par des citoyens pris dans des conflits internationaux.







