Le projet de résolution qui doit être examiné ce mardi vise à inciter les nations du Moyen-Orient à renforcer leur coopération dans le détroit d'Ormuz, actuellement bloqué par l'Iran dans le contexte du conflit. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira ce 7 avril à New York pour examiner un texte adouci, qui, bien que nous éloignant des ambitions initiales des pays du Golfe, appelle néanmoins à la mise en œuvre de mesures.
Ce vote, qui se déroulera à 11 heures locales (17 heures à Paris), intervient à un moment critique, juste avant l'expiration de l'ultimatum fixé par le président américain Donald Trump. Ce dernier a menacé de représailles massives si l'Iran n'ouvrait pas de nouveau cette voie maritime stratégique, vitale pour l'approvisionnement mondial en pétrole.
Bahreïn, soutenu par les États-Unis et ses voisins du Golfe, avait proposé il y a deux semaines un projet de texte autorisant tous les États ou coalitions d'États à adopter les moyens nécessaires pour préserver la sécurité maritime. « Le terrorisme économique touche non seulement notre région, mais affecte également l'économie mondiale », a déclaré l'ambassadeur de Bahreïn, Jamal Alrowaiei.
Le texte ne parle plus d’autorisation de l’usage de la force
Cependant, cette proposition a été controversée, suscitant l'opposition de la France, de la Russie et de la Chine. Suite à des discussions, une formulation stipulant que les mesures devraient être exclusivement « défensives » a été introduite, facilitant ainsi l'acceptation française. L'ambassadeur de France, Jérôme Bonnafont, avait réaffirmé la nécessité d'une réponse « défensive » pour contrer les manœuvres de l'Iran.
Suite à la révision des termes, le texte proposé n’inclut plus la possibilité d'usage de la force. Il « incite fortement les États à coordonner des efforts de nature défensive afin d'assurer la sécurité de la navigation » dans le détroit d'Ormuz.
La résolution en cours exige également que l'Iran mette fin à toute attaque contre les navires en transit et s'abstienne de toute action visant à entraver la liberté de navigation. De plus, elle indique que le Conseil pourrait envisager d'imposer des sanctions aux États qui menaceront cette liberté.
« Toujours un lieu de diplomatie, même limité »
Le vote en faveur de cette résolution pourrait permettre à Bahreïn et à ses alliés d'obtenir une condamnation diplomatique claire de l'Iran. Selon Daniel Forti de l'International Crisis Group, cela montrerait que même dans des circonstances difficiles, le Conseil de sécurité reste un forum de négociation, tout en évitant un potentiel conflit militaire alimenté par des désaccords entre la Chine et la Russie.
Depuis le début de ce conflit, déclenché par des actions israélo-américaines contre l'Iran le 28 février, le blocage par Téhéran du détroit d'Ormuz a entravé le transit d'environ un cinquième de la production pétrolière mondiale, engendrant une hausse significative des prix des hydrocarbures et des répercussions sur l'économie globale.
Des mandats autorisant le recours à la force par les membres de l'ONU sont rares. Notamment, lors de la guerre du Golfe en 1990, un vote avait permis à une alliance dirigée par les États-Unis d'intervenir après l'invasion du Koweït. Plus récemment, en 2011, l'OTAN avait obtenu une résolution pour intervenir en Libye.







