REVUE DE PRESSE - Lors d'une intervention en direct, le président américain n’a pas su apaiser les craintes des marchés et des citoyens face à la guerre en Iran, un constat partagé par de nombreux médias internationaux. Dans son allocution mercredi soir, la première depuis le début des hostilités, Trump n’a livré aucune des informations tant attendues sur les actions des États-Unis au Moyen-Orient. Le quotidien britannique The Telegraph résume bien la situation : «Trump, fatigué, est à court d’arguments».
L’enjeu était pourtant crucial pour rassurer des acteurs économiques inquiets des fluctuations des prix de l'énergie dues à la fermeture du détroit d’Ormuz, ainsi que des électeurs préoccupés par l'impact d'une guerre prolongée sur leur quotidien. Un sondage révélait que «près de 60 % des Américains sont opposés à l'engagement militaire en Iran», comme l’a rapporté le Washington Post. Pourtant, le discours de 20 minutes n’offrait que peu d’espoir, le journal El Pais le qualifiant d'«appel à la patience» sans aucune véritable nouveauté.
«Un copier-coller de ses publications sur Truth Social», selon la BBC, a été la réaction de nombreux journalistes. Ceux espérant des éclaircissements sur l’issue du conflit ressortent déçus, le quotidien suisse Le Temps le qualifiant même de «non-événement».
S’il a mentionné une possible conclusion du conflit dans trois semaines, Trump n’a pas offert de ligne directrice sur la stratégie pour sortir de cette crise, rappelle le New York Times. Seule consigne : faire preuve de patience, faisant allusion à un conflit qui devrait être de plus courte durée que les guerres passées, incluant les deux guerres mondiales et la guerre du Vietnam.
De plus, il n’a pas évoqué le plan de paix en 15 points proposé à Téhéran, ni sur la restitution des stocks d’uranium enrichi, réduisant encore plus ses perspectives d'issue. Malgré ses promesses de bombardements futurs, Trump conserve une posture critique envers ses alliés européens qui ne soutiennent pas son offensive.
Les contradictions de ses propos n’ont pas échappé aux observateurs. Le Figaro remarque qu’il a affirmé ne plus vouloir de changement de régime, malgré avoir évoqué ce sujet au lancement de l’offensive. Selon ses dires, il cherche à renforcer ses succès dans cette opération Epic Fury tout en brandissant la menace de sanctions supplémentaires si l’Iran n’obtempère pas. Le Financial Times conclut que son discours semble davantage inciter à l’escalade qu’à une résolution pacifique.
Enfin, Trump a minimisé l'impact économique de cette guerre. CNN note que ses prévisions optimistes sur une baisse des prix de l'essence et le relèvement des marchés semblent relever davantage de souhaits que d’une vision réaliste. En somme, ce discours n’a guère apaisé les inquiétudes des lecteurs, ni profité à sa situation politique.
Cependant, une vision plus optimiste émane d’un éditorial du Wall Street Journal, louant une présentation «efficace», qui pourrait lui permettre de poursuivre ses objectifs. Ce dernier rappelle également que les Européens devraient soutenir les États-Unis dans la réouverture de la voie maritime, tout en s’inquiétant de la perception erronée de la situation par les dirigeants iraniens provoquée par une couverture médiatique défavorable.
«Certains pourraient contester son approche sur l'urgence nucléaire, mais il est clair que l’Iran aspire à une arme capable d’atteindre l'Amérique», conclut le Wall Street Journal, défendant les actions de Trump sur ce dossier complexe.







