La question de la liaison à grande vitesse entre l'Espagne et Paris se complique. La Renfe a annoncé, mercredi, une suspension de ce projet ambitieux, prévu initialement pour 2024, en raison d'obstacles incluant l'absence d'homologation pour ses trains S-106 fabriqués par Talgo. Cette décision a été perçue comme un revers pour le groupe ultra-européen qui vise une expansion sur le marché français.
Il est mentionné que "sans horizon opérationnel clair, nous avons retiré la réservation des sillons d’exploitation", comme l’a expliqué une source interne à Renfe. En d'autres termes, la compagnie ne peut pas garantir de créneaux de circulation sur le réseau ferroviaire français. Bien que la société ait déjà des liaisons entre Madrid et Marseille, ainsi qu'entre Barcelone et Lyon, elle fait face à des défis persistants en matière d'homologation.
Les ambitions de la Renfe pour les Jeux olympiques de Paris 2024 risquent de s'évanouir, alors que le projet a déjà été repoussé à décembre 2024 puis à une date indéterminée à cause des interminables démarches administratives. Les responsables de l'entreprise expliquent également que leur engagement dans ce secteur est une réaction à la montée en puissance de la SNCF sur le marché espagnol, grâce à sa filiale Ouigo qui opère depuis 2021.
Bernard Farges, expert en transports, souligne que "l'absence de réciprocité dans les conditions d'exploitation entre les deux pays complique la situation", et que les autorités françaises semblent vouloir maintenir un certain contrôle sur ce segment du marché en limitant la concurrence.
Soulignant l'importance de la collaboration franco-espagnole dans le domaine ferroviaire, certains élus ont appelé à une révision des stratégies de coopération pour profiter des avantages de l'harmonisation des réseaux. La Renfe, qui cherchait à diversifier ses opérations, pourrait envisager une reprise de ses projets en cas d'amélioration des conditions techniques.
Ce développement amène également à s'interroger sur la future politique ferroviaire européenne et les règles d'homologation qui, selon Madrid, semblent davantage bénéficier à la SNCF qu'à des entrants comme la Renfe.







