Lors d'une soirée ordinaire, environ quinze balles ont été tirées contre le hall d'un immeuble du quartier d'Encagnane, à Aix-en-Provence. Bien qu'aucun blessé ne soit à déplorer, l'incident a créé un climat de terreur parmi les résidents, qui déplorent une surenchère de violence liée aux trafics de drogue dans la région.
Mercredi soir, vers 21 heures, rue Barbusse, les coups de feu ont résonné, laissant derrière eux des impacts visibles sur la façade de l'immeuble. Les habitants, et particulièrement les familles, craignent pour leur sécurité. Abdou, un résident, a déclaré : "C'est la terreur !" alors qu’il pressait le pas avec son jeune fils.
Le bâtiment ciblé s'appelle "La Balance", et son emplacement près d'un point de deal connu soulève de qu nombreuses interrogations. Nicole, une résidente de longue date, a relaté son choc : "J'ai cru que c'était l'échafaudage qui s'effondrait. C'est impressionnant. On est choqués. Ça s'aggrave".
La porte d'entrée est désormais marquée par des impacts annotés par la police scientifique, et des trous béants sont visibles dans la vitre. "Il y a des mamies ici. Et si elles sont mortes ?" s'inquiète Karim, un voisin, soulignant l'angoisse généralisée. Plus que des dégâts matériels, c'est un sentiment de vulnérabilité qui s'est installé.
La communauté d'Encagnane, un véritable "village dans la ville", s'interroge sur les auteurs de cette fusillade. Abdel, un autre habitant, précise : "Non, ils sont cagoulés, ils partent très vite". Karim pense que ce genre d’attaque ne vient pas des résidents : "Cela ne peut pas être quelqu'un de chez nous. On ne se tire pas dessus entre gens du quartier. Ça doit venir de gens de Marseille ou d'autres quartiers".
Ce quartier est en pleine phase de requalification, avec des investissements de plus de deux millions et demi d'euros dédiés à la rénovation de la place du marché. Mais face à la montée de la délinquance, des voix s'élèvent pour demander plus de présence policière et de sécurité. "Il y aurait moins d'embrouilles avec des postes de police de quartier", suggère un habitant, alors que d'autres doutent de la capacité des forces de l'ordre à assurer une surveillance continue.
Des experts en sécurité affirment que cette situation est symptomatique d'un malaise plus profond. Le sociologue Paul Delannoy, interrogé par Le Monde, note : "La violence dans les quartiers populaires est souvent liée à une absence de perspectives pour la jeunesse, qui se tourne vers des activités illégales".
Sans surprise, la mairie d'Aix a déjà demandé un renforcement de la surveillance dans le secteur. Une décision qui, espérons-le, pourra rassurer les habitants en quête de tranquillité.







