Une décision marquante pour le siège d’Orange à Marseille: à la suite d'une montée inquiétante de l'insécurité, l'entreprise a décidé de fermer ses portes de Saint-Mauront. Cette situation résulte de deux fermetures temporaires survenues autour des fêtes de fin d'année, face à des incidents troublants, dont la découverte d'impacts de balles dans les locaux. Les syndicats, inquiets depuis plusieurs mois de la situation, ont exprimé leur mécontentement face à un cadre de travail de plus en plus préoccupant.
« Je suis soulagée de ne plus retourner à ce site », confie Mireille, une salariée d’Orange depuis 1991. Elle se rappelle des moments de tension où la peur était omniprésente, alimentée par une ambiance de menace croissante dans le quartier. Un environnement où, au milieu de groupes de jeunes, il fallait parfois feindre la tranquillité pour éviter les conflits. « C'était comme se retrouver dans un film, comme “Bac Nord” », compare-t-elle, soulignant que l’insécurité a considérablement augmenté, loin de la tranquillité qu'elle connaissait par le passé.
La fermeture du site de Saint-Mauront, situé dans l'un des quartiers les plus défavorisés de Marseille et connu pour ses problèmes de narcotrafic, met en lumière un enjeu crucial: la sécurité des employés. En effet, ce quartier est en proie à des trafics et une violence d’autant plus visibles avec des tags sur les murs des bâtiments et des points de deal à proximité. Selon des chiffres récents, Marseille compte encore près de 100 points de deal, exacerbant la crainte des citoyens et des travailleurs.
Les autorités locales ont réagi en multipliant les patrouilles policières. Cependant, ces mesures semblent insuffisantes face à la situation de fond. « On doit repenser notre stratégie d'implantation dans des zones plus sûres », déclare un représentant syndical. En réponse, Orange envisage de relocaliser ses employés dans des bureaux à Aix et Aubagne, tout en maintenant certaines activités à Saint-Mauront pour gérer la maintenance des infrastructures télécoms. Cela inquiète toutefois les employés, qui se voient obligés de faire des trajets beaucoup plus longs pour rejoindre leur nouveau lieu de travail.
Ce déménagement de l’entreprise soulève des questions essentielles sur la gestion des ressources humaines et la responsabilité sociale des entreprises. Les experts s’accordent à dire que la sécurité doit primer dans les choix de localisation des bureaux, tout en soulignant l'importance de la perception des employés: s'ils se sentent en danger, cela peut affecter leur productivité et leur bien-être général. Les préoccupations d’insécurité semblent avoir eu un impact profond sur le moral des employés. En effet, selon une étude publiée par Le Monde, près de 60 % des salariés se déclarent préoccupés par leur sécurité au travail dans certains quartiers. Cette tendance place les entreprises dans une position délicate, où elles doivent naviguer entre les impératifs économiques et la sécurité de leurs équipes.
Bien qu’Orange ait pris des mesures immédiates pour protéger ses employés, la nécessité de repenser l'organisation des espaces de travail semble plus que jamais d’actualité. La transition vers des espaces de coworking pourrait devenir une solution pour l'entreprise, offrant aux salariés un environnement de travail plus serein et éloigné des zones à risques.







