Dans un nouvel épisode de la saga industrielle, l'Etat français a décidé de poursuivre en justice le fonds d'investissement britannique Greybull, ancien propriétaire de l’aciériste Novasco. Le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, a déclaré que cette démarche vise à protéger les intérêts des salariés, en réponse aux pertes d'emplois qui ont touché plus de 500 personnes dans l'entreprise.
Cette action juridique, prévue pour être examinée par le tribunal des activités économiques de Paris, intervient après des accusations de mauvaise foi à l'encontre de Greybull, suspecté d'avoir trompé les parties prenantes sur ses véritables intentions de redresser l'entreprise. Selon les déclarations de Me Bernard Grelon, avocat de l'Etat, des éléments peuvent relever de l’escroquerie, considérant que les engagements financiers pris par Greybull n'ont pas été respectés. Le fonds avait promis d'injecter 90 millions d'euros mais n'a finalement versé que 1,5 million.
Le ministre a rappelé que l'Etat a respecté ses engagements d'investissement, déployant un total de 85 millions d’euros pour soutenir le secteur. Les conséquences de cette situation sont particulièrement préoccupantes pour les anciens employés et les habitants de Hagondange, qui s'estiment lésés par les actes de Greybull. Un employé de Novasco a commenté : "Nous avons besoin de réponses et de compensations, Greybull doit être tenu responsable de ses actes".
Greybull, de son côté, a déclaré avoir respecté ses obligations malgré les conditions plus difficiles que prévu au sein de l'entreprise. Le fonds cite des raisons structurelles et techniques, évoquant des challenges liés à l'état de l'aciérie d'Hagondange qui étaient imprévus lors de l'acquisition en 2024.
Alors que la première audience est prévue pour le 7 mai, les ramifications de cette affaire pourraient avoir des répercussions significatives sur l'avenir de Novasco et le paysage industriel français. Des experts en droit du travail pointent la nécessité d'une réglementation plus stricte pour protéger les travailleurs face à la négligence des investisseurs.







