Suite aux affirmations de Cédric Jubillar, des avocats représentant la famille de Delphine ont exprimé leur point de vue sur la lettre écrite récemment par l'accusé. Tandis que la défense souligne des "regrets" de sa part, la partie civile perçoit cette démarche comme "calculée", particulièrement à l'approche de son procès en appel, prévu en septembre à Toulouse.
Ce lundi 6 juillet, le journal La Dépêche du Midi a révélé le contenu d'une lettre manuscrite dans laquelle Cédric reconnaît sa responsabilité dans la disparition de son épouse. Alors que le procès en appel approche, les avocats de Jubillar, Pierre et Guy Debuisson, ont organisé une conférence de presse ce même jour. Selon eux, la lettre aurait été rédigée dans un état de "regret", leur client se concentrant d'abord sur le bien-être de ses enfants avant de s'enliser dans une spirale d'évitement.
Des aveux jugés manipulés
Pour l'avocat des proches de Delphine, Me Laurent de Caunes, ces révélations pourraient réorienter le débat durant l'audience, limitant la perte de temps à explorer des pistes non pertinentes. "Nous allons perdre moins de temps à examiner des théories futiles que la défense tentait de mettre en avant", a-t-il déclaré à La Dépêche du Midi.
Concernant la lettre, lui-même fait valoir que Cédric Jubillar ne fait que des "choix calculés". Il note qu'il pourrait ressentir un besoin d'honnêteté, mais cela pourrait aussi être un moyen de façonner une vérité à son avantage. Au-delà de la question judiciaire, il fait également remarquer que cela fait plus de cinq ans que l'épreuve dure pour la famille Aussaguel. "Ils ne se laissent pas entraîner par des émotions publiques. Ils demeurent attachés à la préservation de leurs sentiments", souligne-t-il, tout en reconnaissant l'ébauche d'un "soulagement" face à ces évolutions.
Cependant, il insiste pour rappeler la douleur causée par les dénégations de Cédric : "Il a causé davantage de souffrance en niant des évidences. Et cet état de fait ne pourra pas être gommé".
Un fils en quête de vérité
De l'autre côté, Me Malika Chmani, avocate des deux enfants de Delphine, a également réagi, signalant l'importance des aveux pour la reconstruction de ces jeunes êtres. "C'est un pas vers leur rétablissement, reconnaître les faits est une première étape essentielle", explique-t-elle. Elle souligne que le fils aîné attend toujours de connaître le sort de sa mère, voulant pouvoir faire son deuil. Lors d'une récente audience, elle a interpellé Cédric, en visio, lui signalant l'attente de son fils, sans obtenir la moindre réaction.
Elle déplore également le manque d'avancée malgré de nombreuses tentatives pour obtenir la vérité de la part de Cédric, qui demeure enfermé dans le silence et les mensonges. "Quoi qu'il en soit, ces aveux représentent un acte positif", conclut-elle.







