L'Association de protection, d'information et d'étude de l'eau (Apieee) a présenté son cas devant le tribunal administratif à Poitiers début juin 2026, contestando le retrait de sa subvention Fonjep en 2022.
Ce litige s'inscrit dans une lutte menée depuis trois ans et demi. En décembre 2022, l'Apieee a été brusquement informée par le rectorat de l'académie de Nouvelle-Aquitaine qu'il mettait fin à sa convention Fonjep, alors qu'elle avait été reconduite un an plus tôt, entraînant la perte d'une subvention de 7 000 €. De plus, le rectorat a exigé le remboursement d'un versement de 1 000 € pour octobre 2022, la période ayant suivi des manifestations controversées à Sainte-Soline.
La présidente de l'Apieee, Joëlle Lallemand, interprète cette décision comme une forme de représailles en raison des opinions critiques de l'association sur le sujet controversé des bassines. Selon elle, cette décision est fondée sur un devis trouvé lors d'une perquisition qui aurait impliqué son association dans l'organisation des manifestations, pourtant elle a toujours nié toute implication.
En effet, le devis pour des toilettes sèches, découvert dans un véhicule fouillé par les gendarmes, a été interprété par les autorités comme un élément de preuve de l'engagement de l'Apieee dans les événements de Sainte-Soline, nuançant ce qu'elle qualifie d'accusation infondée. Lallemand refuse de rembourser la somme exigée par le rectorat et a engagé un recours judiciaire.
L'audience a eu lieu le 2 juin 2026, avec la présence de Joëlle Lallemand et de représentants d'organisations telles que Poitou-Charentes nature et France nature environnement. « Le rapporteur public a reconnu notre légitimité, relaye-t-elle à la NR. Ce devis ne peut être considéré comme preuve suffisante, car nous n'avons ni commandé ni signé cette prestation », explique-t-elle, soulignant le caractère injuste de la situation.
Une décision sera annoncée autour du 23 juin. Cette affaire est également suivie de près par différentes organisations environnementales, et en septembre 2025, le rapporteur spécial sur les défenseurs de l'environnement des Nations Unies avait plaidé pour l'Apieee auprès du gouvernement français, soulignant les enjeux cruciaux de liberté d'expression en jeu.







